Journaliste, consultant, formateur

Mutation des usages : 5 défis majeurs pour les médias et producteurs de contenus

©Dries Verachtert en CC via Flickr.com

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Pour faire face aux mutations d’usage majeures qui se succèdent et s’accélèrent, voici mes cinq recommandations aux médias et producteurs de contenus, pour 2017 et au delà.

1- Fragmentation des publics et des usages : ciblez et segmentez

Nous assistons depuis une quinzaine d’année à une diversification accélérée des publics et de leurs attentes. Une évolution profonde de notre société qui se traduit par la multiplication des communautés par affinités, goûts, croyances. Les fameux socio-styles de Bernard Cathelat, tentative de classement des comportements et styles de vie des individus, sont largement dépassés et inadaptés, car il y a une multitude de paramètres de choix et donc des milliers de combinaisons possible !

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Théories du complot : pourquoi elles persistent (voire se développent) ?

©Victoria Nevland en CC via Flickr.com

©Victoria Nevland en CC via Flickr.com

A l’occasion du 15e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, j’ai constaté que le complotisme se portait bien. Comment expliquer cela, à l’heure où les moyens de s’informer n’ont jamais été si faciles d’accès ?

Il faut d’emblée préciser qu’il y a des raisons objectives au développement de celles-ci, comme je l’explique dans mon article les théories du complot ne sont pas totalement irrationnelles

Les électeurs, citoyens, lecteurs doutent de plus en plus de leurs dirigeants, et pour cause ! On leur a menti très souvent : Guerre du Golfe “propre”, fausses armes de destruction massives en Irak, le nuage de Tchernobyl qui s’arrête aux frontières… Il suffit pour s’en convaincre de lire l’histoire secrète de la Ve République qui rappelle tous les scandales d’Etat plus ou moins connus. Les politiques paient ainsi le prix de leurs mensonges récurrents aux citoyens. Oui, la raison d’Etat a été utilisée de nombreuses fois pour cacher des informations aux citoyens, et évidemment pas que pour “l’intérêt supérieur de la nation”. Sur une tentative de manipulation révélée (le Watergate), combien restées ignorées ? 

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Twitter devient diffuseur TV : pourquoi cette stratégie est vouée à l’échec

Twitter lorgne sur notre bon vieux poste de TV - ©Gary Lund via Flickr.com en CC

Twitter lorgne sur notre bon vieux poste de TV – ©Gary Lund via Flickr.com en CC

En proposant la diffusion d’évènements en direct, Twitter change de paradigme. Jusqu’alors plateforme qui permettait à d’autres de communiquer, Twitter cherche maintenant à attirer une audience en propre. Cette stratégie ne sert ni les usagers, ni ses partenaires.

Twitter poursuit sa stratégie de live streaming. Le site de microblogging vient en effet de conclure un nouvel accord pour diffuser trois émissions de Bloomberg.

Ceci fait suite à ses annonces récentes d’acquérir les droits de diffusion de gros évènements américains. En 2016, Twitter va diffuser en streaming 10 matches de football américain du jeudi soir, co-diffuser les conventions démocrates et républicaines, et négocierait aussi avec la NBA et la MLS (football)…

Cet été, le réseau social a d’ores et déjà effectué des essais en diffusant les plateaux d’ESPN pendant Wimbledon. L’idée derrière l’acquisition de droits sportifs serait donc de diffuser d’un côté de l’écran l’évènement, et de l’autre les tweets qui y sont associés. Voir ci-dessous :

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Séduisante sur le papier – Twitter devenant un vrai média et non plus un agrégateur de contenus – cette stratégie semble coûteuse et vaine.

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Tendances du content marketing : le déclin accéléré des contenus “mous”

Le déclin des contenus mous ©erban en CC via flickr.com

Le déclin des contenus mous ©erban en CC via flickr.com

Le contenu de marque – réalisé en interne (brand content) ou par les médias (en propre ou “branded-content”) est désormais soumis à une féroce concurrence. Le “temps de cerveau disponible” se réduit, il faut être de plus en plus efficace, ou occuper des territoires nouveaux. 

1- La qualité de l’attention prend le pas sur la quantité

Le tsunami de contenus qui s’est abattu sur les lecteurs/consommateurs est tel, qu’il a conduit à une diminution de leur attention, avec comme corolaire, un problème d’efficacité publicitaire. Celle-ci s’est traduit par une lente érosion des tarifs sur la publicité display traditionnelle sur le web.

Le CPM n’a cessé de chuter sur les bannières et pose aujourd’hui un sérieux problème de financement des médias qui avaient opté pour ce modèle unique. Pour les annonceurs – longtemps dindons d’une farce médiatique qui surévaluait l’impact réel des campagnes – est venu le temps de produire leurs propres contenus ou de faire produire, mais avec un souci de capter l’attention réelle des lecteurs.

Côté médias, la solution principale a été jusque-là, de compenser le déclin du tarif à l’unité par le volume, ce qui a déformé les lignes éditoriales des producteurs d’information, de plus en plus tentés par des sujets “faciles”, fortement apporteurs de trafic : dramatiques, polémiques, pratiques sur des sujets à fort enjeu (immobilier, classement des hôpitaux…). Une dramatisation et polémisation qui se sont accentuées avec l’apparition de Facebook pour qui la seule valeur repose jusqu’à nouvel ordre sur l’engagement (taux de clics, likes et partages).

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Producteurs de contenus, parlez moins, écoutez plus !

Medias et producteurs de contenus, écoutez vos lecteurs !

©stankus en CC via flickr.com

Les producteurs de contenus devraient exploiter mieux les données de leurs lecteurs, en amont et en aval de la production. Pour améliorer la qualité éditoriale, mais aussi pour mieux monétiser leur travail.

1- ECOUTER DAVANTAGE, POUR PRODUIRE DES CONTENUS PLUS PERTINENTS

La plupart des marques, médias ou institutions se servent des réseaux sociaux comme d’un nouveau canal de diffusion. Difficile de perdre ses habitudes de locuteur unidirectionnel descendant !

Ils oublient que les plateformes sociales sont aussi un formidable observatoire des besoins utilisateurs. Et un moyen d’améliorer la qualité du service, comme l’a bien compris Starbucks, par exemple. La célèbre marque de café interroge régulièrement ses clients pour développer de nouveaux produits.

Les réseaux sociaux sont un endroit idéal pour pratiquer “l’information à la demande”, via sondages ou appels à questions. C’est ce que font les Décodeurs du Monde avec un système de vote, pour identifier les questions les plus récurrentes.

Voilà un bon moyen de faire d’une pierre deux coups, puisque cela décuple aussi le pouvoir de diffusion des contenus, comme j’ai pu le vérifier ici ou .

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Smileys, emojis, emoticônes, hashtags… pourquoi ils sont devenus incontournables

smileys, emojis, emoticons : l'addiction ?

Explosion des emojis : non, la société ne part pas en sucette. ©baconizedhameister via flickr.com

La propagation de ces visuels colorés ne tient pas tant à la ludification du monde, qu’à un besoin de mieux communiquer.

Le succès des smileys, “emoticônes”et emojis (prononcer emodji) ou encore “stickers”– se confirme. Pas une application sociale ou une messagerie qui ne les ait ajoutés à ses fonctionnalités : Facebook, Twitter, Snapchat ou encore des logiciels professionnels, comme Slack. Les requêtes des Français sur Google attestent d’ailleurs de cette popularité croissante :

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Croire ou pas, la raison ne fait rien à l’affaire !

religion-bouddha-mediaculture.fr

Certains athées ne peuvent s’empêcher de penser que croire en Dieu est, d’une façon ou d’une autre, un aveu de faiblesse intellectuelle. Un reliquat de superstition qui mérite mépris ou condescendance, au mieux.

Cette idée – probablement le résultat de siècles d’anticléricalisme républicain – n’est pas juste sur le plan intellectuel. Et c’est un laïc, athée, voire agnostique dans mes moments de doute, qui vous le dit.

En réalité, il n’y a pas plus de raison de croire en Dieu que de ne pas y croire. Peut-on démontrer l’existence de Dieu ? Non, c’est un fait, malgré les efforts dérisoires des partisans de l’argument ontologique. Mais peut-on démontrer l’inexistence de Dieu ? Pas davantage !

L’organisation de l’univers peut aussi bien être le fruit d’un hasard total que le résultat d’une volonté divine, quelle que soit la forme que l’on donne à cette force supérieure.
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Economie de l’attention : il faut cibler et contextualiser davantage les contenus !

economie-attention-mediaculture-frFace à une concurrence toujours plus grande, l’enjeu des producteurs de contenus est de maximiser l’attention et l’engagement des lecteurs. Cela passe par des sujets et formats plus impactants, mais aussi par un meilleur ciblage et prise en compte du contexte de réception.

La conquête du fameux “temps de cerveau disponible” de Patrick Le Lay est plus que jamais d’actualité, à l’heure de la surabondance des contenus et messages communicationnels (il ne faut pas oublier les chats, sms et autres discussions sociales). Comme le souligne Clara Schmelck, En 2014, le temps de lecture accordé à un article de presse était cinq fois moins important qu’il y a dix ans.

Pour conquérir cette attention, les médias et de plus en plus les marques, via le “brand-content”, multiplient les formats attractifs, ludiques, “plaisir”. En témoignent la profusion des infographies, quiz, cartoon et autres vidéos “fun” sur les réseaux sociaux. On a assisté en ligne à une forme de contamination des contenus légers, LOL et buzz. Une sorte de “Buzzfeedisation” de la presse en ligne, pour reprendre l’image de Nicolas Becquet. Mais le seuil de qualité et d’originalité requis, pour avoir une chance d’émerger de la masse, s’élève.

L’autre solution consiste à booster l’impact de ses contenus en optimisant la contextualisation et la personnalisation des contenus créés.

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Journalisme sportif en télévision : les 10 commandements

Les 10 commandements du journaliste télé sportif

Et toi, tu les connais tes tables ? ©Léo Reynolds en CC via Flickr.com

Etre journaliste sportif en télévision requiert des compétences linguistiques poussées et une culture générale très vaste. Voici les 10 règles les plus importantes.

1- Utilise un maximum d’anglicismes

C’est comme les chansons des Beatles : comme on comprend rien, ça sonne plus classe. Domination culturelle volontairement acceptée, violence symbolique dirait Bourdieu.

“Le coach” : entraîneur. Bah oui, la langue française, c’est mieux que les applis Apple : il y a un mot pour ça.

“Hat trick” : en français, “coup du chapeau”, soit trois buts réalisés par un même joueur au cours de la même partie. Et quand y’en a pas, on peut crier “Pas d’triiiiick” ? #memepashonte

“Supersub” : remplaçant de luxe. On entre ici sur les terres du grand jargon jargoneux pour footeux exigeant. De quoi fiche le seum’, méchant.

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