Modèles économiques des médias, marketing de contenus, outils et bonnes pratiques éditoriales, déontologie de l’information, usages et tendances et un zest de psycho-sociologie pour comprendre les usagers, ce qu’ils veulent et où ils vont…

Réseaux sociaux : comment l’hyper-socialisation accentue la division

La cohésion laisse place à l'affrontement social -

L’utopie selon laquelle plus on communique, plus on apaise les conflits, a vécu. En réalité, on observe actuellement le contraire.

Il y a 25 ans, Philippe Breton dénonçait déjà dans “l’utopie de la communication” cette croyance selon laquelle, plus on communique, mieux ça vaut. Idée qui était à la base de l’idéologie cybernétique : tout blocage d’un système vient d’un problème de circulation de l’information.

Aujourd’hui, TV, radio, internet, réseaux sociaux, mobile… L’information est permanente, on n’y échappe pas. Pourtant Il faut être aveugle pour ne pas voir les tensions séparatistes qui traversent la société française.

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Médias : votre survie ne dépend que de la confiance, et il y a danger…

Les médias en ligne – petits ou grands – ont organisé le 14 décembre 2017, leur raout annuel à la Gaîté lyrique. Y a soufflé un vent d’optimisme, même si subsistent des difficultés et des questions sur le financement de l’information, la participation en berne ou la prolifération des « fake-news ».

La 8e édition du JPEL, j’épelle « journée de la presse en ligne » s’est donc tenue à Paris, à l’initiative du Spiil, le syndicat de la presse d’information indépendante en ligne, ouf, fin des acronymes indigestes.

J’y ai senti un frémissement. Le métier d’éditeur en ligne est toujours dur, mais il y a quand même du mieux. Et disons-le clairement : c’est le changement de modèle qui en est la cause.

Pendant longtemps, nous avons cru – je m’inclue évidemment dans le lot, comme co-créateur du défunt quoi.info devenu caminteresse.fr – que la publicité pourrait financer l’information en ligne, comme elle l’a fait très longtemps sur le papier, et continue de le faire en télévision.

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Ambassadeurs d’entreprise : 10 recettes pour que la mayonnaise prenne (et tienne)

 

Ferréole Lespinasse a publié un ouvrage pédagogique et riche sur les bonnes pratiques éditoriales et le marketing de contenus. Elle y détaille notamment les clés pour déployer une stratégie « d’employee advocacy », les fameux employés-ambassadeurs de l’entreprise. 

L’auteur a interrogé près du vingtaine d’experts de leurs domaine – dont moi – pour appuyer ses recommandations d’exemples et de cas concrets.

Pour Olivier Cimelière, consultant en communication d’entreprise (et l’un des contributeurs des Eclaireurs de la com’* :

« La démarche salarié ambassadeur est un formidable atout de crédibilité pour une entreprise. La voix du salarié bénéficie d’un fort taux de confiance, tandis que celle du pdg s’érode et est mise en doute. […]

Les collaborateurs parlent de leur entreprise et souvent en bien. Bien sûr certains règlent leurs comptes sur les réseaux sociaux, cela existe, mais globalement les gens sont fiers. »

Comme l’illustre Carine Gouriadec, consultante en stratégie éditoriale :

« Si je dis que l’ambiance de travail est agréable, que je l’illustre avec un selfie pris en plein team-building où des collaborateurs en basket affichent un large sourire, signant mon post d’un hashtag derrière lequel s’agrègent des dizaines d’autres sportifs d’un jour, le message est bigrement percutant. »

08-11-17 | never let your friend feel lonely #teambuilding2017

Une publication partagée par PURIPONG T. (@pop_puripong) le

L' »employee advocacy » est donc une façon pour l’entreprise de rayonner sur les nouveaux supports d’expression, par la démultiplication des prises de parole, mais surtout par la crédibilité et la sincérité de celles-ci.

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#Balancetonporc : comment reprocher aux femmes le combat inégal qu’on leur propose ?

Raphaël Enthoven, Alain Finkielkraut, et désormais Valérie Toranian… tous dénoncent la vilaine délation des réseaux sociaux à l’oeuvre via #balancetonporc. Et d’en appeler à la raison et aux institutions. Les deux piliers de l’immobilisme sociétal, depuis toujours.

Voici ma réponse à la directrice de la rédaction de la Revue des deux Mondes, qui s’insurge contre le populisme de délation.

Quel joli texte, raisonnable, poli, frappé au coin du bon sens. Propre et lisse. Il me rappelle la citation de Charles Péguy : « le Kantisme a les mains pures, mais il n’a pas de mains »

Et comme Kant, il fait fi de la réalité. Se tourner vers la justice ? La bonne blague… Déposer plainte pour viol est une longue traversée du désert pour les victimes. Celles-ci subissent bien souvent la double peine : être violées et accusées de mentir, avoir provoqué, être complaisantes… Alors dénoncer des attouchements, des pressions, des menaces sans témoin ? Au risque de se faire virer et d’être back-listé durablement, en début de carrière

Au risque de voir sa plainte classée sans suite, comme c’est régulièrement le cas ? Et de se retrouver nez à nez avec le type que l’on a dénoncé ?

J’adore le courage de ceux et celles qui appellent au suicide des autres, avec l’assurance de ne jamais être directement concerné. Ou plutôt la vanité de ces fats qui auraient résisté à l’occupant, c’est sûr !

Jean-Jacques Goldmann en un texte populaire a dit mieux et plus que tous ces donneurs de leçon en robe de soie.

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Emotions et technologies : la marchandisation de nos affects ne fait que commencer

L’émotion. Voici le nouveau Saint-Graal par lequel les communicants espèrent récupérer l’attention de leurs prospects, utilisateurs, lecteurs… De leur côté, les géants du web l’exploitent déjà massivement. Et ce n’est qu’un début.

Julien Pierre et Camille Alloing, chercheurs en sciences de l’information, ont publié grâce à l’INA un ouvrage brillant, passionnant… et assez inquiétant, pour être honnête.

Dans « Le web affectif, une économie numérique des émotions », les deux auteurs décrivent comment Apple, Facebook, Twitter, Amazon, Microsoft et d’autres géants technologiques exploitent nos affects, pour faire de l’argent.

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Mooc, elearning, gamification, serious-games… innovations réelles ou mirages ?

Mooc, e-learning, serious-games, gamification... innovations réelles ou mirages ?

Mooc, e-learning, serious-games, gamification… innovations réelles ou mirages ?

Les Mooc n’ont plus la cote. Un article incendiaire du Monde les enterre même littéralement. Mais si la fin de l’euphorie béate est heureuse, il faut se garder de jeter le bébé avec l’eau du bain.

Un article du Monde du 22 octobre 2017 -« Les Mooc font pschitt » – semble mettre un terme définitif à l’euphorie des MOOC, les Massive Open Online Courses (cours en ligne gratuits et massifs).

On semble découvrir les faiblesses des Mooc, qui sont pourtant connues depuis 2012, comme je le relevais dans cet article de 2015.

Comme très souvent, le coupable n’est pas tant l’objet lui-même, que ceux qui y ont placé de fols espoirs.

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Les instruits toujours mieux informés, pour les autres, il y a Facebook et Hanouna

En 2010, je dénonçais l’apparition de chapelles d’information réservées aux élites instruites, les “ghettos culturels” de riches. Sept ans plus tard, l’inégalité d’accès à l’information s’est encore accentuée.

L’information de qualité est désormais sous clef

L’ère du tout gratuit de l’information a vécu, avec la fin du mythe du financement unique par la publicité. Il ne reste guère que quelques titres en ligne comme 20 minutes pour proposer un accès entièrement gratuit à leurs contenus.

En France, 95% des quotidiens et hebdos sont passés en payant ou en modèle mixte (une partie des articles gratuits, une partie payante). C’est ce que révèle cette étude 2017 du Reuters Institute.

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Double-vérification : pourquoi les journalistes doivent absolument la respecter

douible vérification journalistique

©Andrei Zverev en CC v/ flickr.com

La double-vérification de l’information est l’une des règles de base les plus importantes du journalisme. La vitesse croissante de l’information, en partie liée à l’irruption des réseaux sociaux, bouscule hélas, ce sacro-saint principe.

« Ton info est-elle confirmée par une autre source » ? Ce precept elle l’un des plus fréquemment rabâchés en école de journalisme. L’un des piliers du métier qui ne tolère pas d’exception, ou presque.

Avant d’être claire, précise ou rapidement diffusée, l’information doit être juste. Cela semble évident et pourtant, ce principe n’est pas toujours appliqué, ni applicable, vu l’organisation des rédactions.

D’abord, il y a une confiance par délégation d’autorité auprès de l’AFP. Celle-ci produit une part importante des news pour l’ensemble de la presse et des médias. L’agence propose chaque jour des milliers de dépêches, photos et autres infographies, qui sont reprises telles quelles, par leurs clients.

Les médias ne peuvent remettre en cause la fiabilité des informations de l’AFP, ils n’en ont pas les moyens. Voilà pourquoi, la moindre erreur de l’AFP a des conséquences dramatiques sur l’ensemble des informations du pays.

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Réseaux sociaux, nouvelles technos : la fin programmée de notre mémoire ?

mémoire et cerveau, l'externalisation dangereuse ?

©hexstudio via flickr.com

Internet et les réseaux sociaux enregistrent des données prodigieuses, parfois au détriment de la vie privée. Pourtant, la valeur mémoire, elle, s’affaiblit.

(Maj le 18 février 2017 d’un article du 10 janvier 2010)

Les bases de données se sont développées de façon incroyable ces 15 dernières années, comme le montre cette infographie. Elles permettent une extension spectaculaire de notre mémoire et notre savoir.

Ainsi l’INA, la BNF via Gallica ou encore les archives de France donnent accès à notre histoire de façon très simple. Ceci, grâce aux moteurs de recherche et au téléchargement de documents.

De même, les bases documentaires comme Legifrance, le Journal officiel, ou encore les revues scientifiques de Persée, étendent nos capacités cognitives. Tout cela constitue une mémoire de la connaissance tout simplement sidérante.

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