Modèles économiques des médias, marketing de contenus, outils et bonnes pratiques éditoriales, déontologie de l’information, usages et tendances et un zest de psycho-sociologie pour comprendre les usagers, ce qu’ils veulent et où ils vont…

La communication contre l’information

Davanac et Cédric se sont livrés à une discussion brillante notamment sur les enjeux d’une information “participative”. L’occasion de réagir à leurs propos tenus sur l’excellent blog Blogguing the News.


Brillantes réflexions sur la nécessité de repenser le rôle des journalistes et de l’information en général.

Je reconnais l’art du contre-pied cognitif de Cédric qui a le mérite de repositionner le débat sur le plus important en effet.

L’information a un coût, a-t-elle pour autant une valeur ?

Naturellement oui, l’information a un coût de production. L’information à sa source vérifiée, comparée, hiérarchisée.

Parce que ces processus prennent du temps et que le temps, comme chacun le sait, c’est de l’argent. Il y a des blogueurs exceptionnels qui – de Maitre Eolas à Jules de Diner’s Room en passant par Hugues Serraf- sont capables de faire tout cela, en plus de leur « vrai » métier.

Mais ces prouesses relèvent de l’exception, de l’insomnie et que sais-je encore…

Pour la masse des autres personnes « normales », le travail d’information de qualité est un métier en soi qui requiert un salaire, sauf à disposer soi-même d’un héritage qui nous dispense de toute activité lucrative. Vous conviendrez avec moi que ce cas de figure est assez rare.

Donc oui, la production d’information, indépendamment de son mode de diffusion (papier ou web) n’est pas gratuite.

Mais là où je rejoins Cédric, c’est que ce n’est pas là que se crée la valeur principale pour l’utilisateur. Ce n’est pas ce pour quoi il est prêt à sortir sa bourse, en particulier depuis que l’information pure est devenue gratuite via Internet. La question est donc qu’est-ce qui motive donc l’achat d’un journal web ou papier aujourd’hui ?

La relation au détriment du contenu

Cédric tu y réponds bien par le mot « communication ». C’est le lien social, la relation aux autres au sens premier du terme. Il s’agit d’être connecté, de partager, d’échanger, de montrer (rôle de marqueur social du libé sous le bras). C’est la relation contre le contenu ou la communication contre l’information. Et Damien a raison de prêcher pour cette tendance, sinon nouvelle, en tout cas exacerbée par les technologies actuelles.

J’aurais néanmoins un bémol à émettre sur le fond par rapport à cela.

La communication n’est pas une fin en soi. Plus on la renforce au détriment de l’information, plus la Communication au sens large du terme s’appauvrit. Et c’est une tendance que l’on peut déplorer aujourd’hui du moins pour le grand public.

Quand l’information se réduit au lien, on tombe dans l’émotionnel pur, la polémique à tout crin, la discussion de comptoir. Tout ce qui rapproche les hommes mais n’apporte aucun enrichissement cognitif. La machine tourne à vide. Les rouages de la pensée ne sont alimentés par aucun carburant et le résultat est désastreux. En témoignent les commentaires souvent déplorables relevés dans le débat sur l’identité culturelle.

Il arrive alors un moment où le lecteur-citoyen tel l’enfant capricieux arrivé à maturité nous reprochera de lui avoir trop servi la soupe – ou les bonbons Haribo pour reprendre la métaphore. Il se tournera alors vers ceux qui auront le moins cédé à la facilité tout en faisant un effort de vulgarisation. Si tu manges ta viande je te donnes ton yaourt aux fraises.

Tiens voilà un article sur les Miss France mais jette aussi un oeil au passage sur cette info traitant du business de la télé, lequel va enrichir ta compréhension méta-linguistique du média télé lui-même.

Du rôle pédagogique des médias

Qui sommes nous pour décider de ce qui est bon ou utile pour les autres ? Ni plus ni moins que les héritiers des Lumières pour qui l’information devait servir de terreau à l’épanouissement d’un nouveau concept : la démocratie éclairée. Si l’on perd cela de vue, on perd un peu de ce qui fait la déontologie de notre métier. Divertir certes, rendre service assurément. Mais aussi former des citoyens acceptables qui iront voter pour nos représentants.

Cyrille Frank aka Cyceron

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TV-Internet-mobiles, la fusion se pointe enfin…


Depuis le temps qu’on nous le promet… la fusion des supports est en train de se profiler via Google, une fois de plus. L’oligopole de la recherche sur Internet propose un nouveau service d’accès aux contenus web sur le téléviseur. Le télé-web-spectateur pourra consulter ses programmes et le contenu de son ordinateur, soit via un boîtier spécifique, soit directement sur certains écrans, tels ceux de Sony.

Google bénéficie d’un système d’exploitation unique et ouvert (Androïd), de son moteur de recherche omnipotent, de sa puissance publicitaire, de son immense base d’e-mails, d’une masse prodigieuse de quantité de contenus vidéos grâce à sa filiale Youtube… Autant d’aouts considérables pour faire décoller son service.

Google TV, la télévision 2.0 en détails
L’arrivée à maturité des smartphones grand public

Google TV, la fusion du web et de la télé

  • Le système ouvert peut permettre d’acquérir rapidement une base d’applications et services dont on connaît le rôle crucial pour convaincre l’utilisateur (d’où la communication massive d’Apple sur les X milliers d’applications de l’iphone).
  • La position dominante du moteur sur le marché publicitaire internet lui permet de vendre son nouveau service aux annonceurs d’autant mieux que la fameuse promesse du 360 ° leur plaît tant. Vous savez cette omniprésence média qui permet de diffuser une campagne partout où se trouve le prospect.
  • La recherche efficace par mot clé promet de d’accéder rapidement à une masse de contenus inédite, là où la navigation par onglets se révèle fastidieuse et décourageante.Reste à convaincre un nombre croissant de fabricants d’écrans d’intégrer son émulateur web via Android pour s’assurer le succès, tout comme Microsoft en son temps. Reste aussi à proposer des services et des contenus adaptés à ce support hybride, notamment en terme de navigation. Enfin la télécommande pourrait disparaître à terme au profit des fameuses interfaces naturelles.

Les constructeurs (Sony, Samsung, LG, Panasonic…) y travaillent déjà.

Les étapes suivantes devraient assez rapidement nous mener à ces programmes vidéos ou photos, enrichis d’infos contextuelles, comme dans Blade Runner. En mieux… 😉

Cyrille Frank aka Cyceron

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