Réseaux sociaux : panorama des outils, usages, tendances, bonnes pratiques

Réseaux sociaux chiffres tendances 2013 - mediaculture.fr

réseaux sociaux en aquarelle – ©Rrauhoelle en CC via flickr.com

Un petit point sur l’usage des principaux réseaux sociaux français, leurs forces et faiblesses, les tendances à venir. Et pour finir 15 recommandations pour animer ses communautés.

  • Facebook est toujours ultra-dominant en termes de couverture et de temps passé, même si les jeunes commencent à s’en lasser et tendent à migrer sur Twitter notamment
  • Twitter reste un outil élitiste même s’il est colonisé par une partie des jeunes qui le détournent à des fins de SMS public
  • Progression de Google Plus, surtout sur des cibles professionnelles (communicants, geeks, journalistes, marques…)
  • Youtube domine très largement Dailymotion, même si le réseau video américain offre moins de fonctionnalités que le Français
  • Linkedin a clairement pris l’ascendant sur Viadeo en France aussi, en raison d’une offre gratuite plus importante et d’une plus grande capacité à innover (notamment sur mobile)
  • Tumblr : une croissance fulgurante mais attention au déclin récent suite au rachat de Yahoo
  • Pinterest est quasi inexistant en France, c’est Instagram qui cartonne

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Les clés de la social TV

Les clés de la social tv - mediaculture.fr

Téléviseur social ©Roadsidepictures via Flickr.com

NPA Consulting présentait mardi 16 avril 2013 ses nouveaux outils de mesure en télé sociale. Le cabinet  y livrait ses « clés » de compréhension du phénomène. L’occasion de mettre à mal quelques idées reçues sur la télévision sociale.

76 % des personnes regardent désormais la télévision avec un smartphone ou une tablette dans les mains. Le développement du « second écran » dont certains estiment d’ailleurs qu’il est devenu le premier explique l’engouement actuel pour la social TV.

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Twitter ou les mirages de la personnalisation de l’information

rubik's cube

La simplicité du principe et son extrême modularité font de Twitter l’outil de communication le plus personnalisable et le réseau social le plus puissant qui soit. C’est précisément pour cela qu’il ne séduira jamais les masses.

Mise à jour 27 avril 2013. 

Trois ans après ce billet, les chiffres d’une nouvelle étude corroborent les anciens et semblent donner raison à ma prédiction selon laquelle Twitter ne sera jamais grand public.

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Une étude d’Exact Target parue le 9 août 2010 montre que les utilisateurs quotidiens de Twitter sont aussi les plus actifs sur Internet.

• 72% publient sur leur blog au moins une fois par mois
• 70% commentent sur d’autres blogs
• 61% écrivent au moins une note produit par mois
• 61% commentent sur des sites d’info
• 56% écrivent des articles pour des sites tiers
• 53% postent des videos
• 50% contribuent aux wikis

Ces hyper-actifs ont trois fois plus de chances de charger des photos, quatre fois plus de chances de tenir un blog, et trois fois plus de chances de partager des notes et des critiques que l’utilisateur d’internet moyen.

Or ces utilisateurs quotidiens sur une minorité, environ 15% si l’on en croît l’étude publiée par la société de conseil Sysomos début 2009. L’analyse qui portait sur l’activité de 11,5 millions de comptes Twitter sur les cinq premiers mois de l’année concluait que :

90% des messages sont produits par 10% des utilisateurs
93% ont moins de 100 abonnés
85% twittent moins de une fois par jour
50% n’a pas twitté dans les 7 jours

Donc, si Twitter a dépassé il y a déjà quelques mois les 100 millions d’inscrits, le site de micro-blogguing est préempté par une élite sociale, en majorité professionnelle. Cela vaut aussi pour les célébrités qui se servent de l’outil servent à la manière des médias, pour gérer leur popularité et leur capital-image.

TWITTER : LE LEGO DE L’EGO

Twitter est l’Ikea informationnel, le site à monter soi-même, le légo de l’égo. A la base, ce n’est qu’une coquille vide, un réceptacle de flux qu’il faut construire patiemment, abonnement après abonnement, jusqu’à ce que sa time-line soit pleine d’infos pertinentes par rapport à ses goûts et curiosités propres.

Cette ultra-personnalisation de l’outil en fait tout l’intérêt mais également toute la difficulté car le processus de paramétrage de son flux est long et laborieux. Et c’est là que le bât blesse.

La masse des gens n’a ni le temps ni l’envie de se fader un puzzle de 1000 pièces en revenant du boulot.

D’autant que si l’oiseau bleu semble simplissime dans son principe, il est particulièrement inaccessible dans ses usages pour l’internaute lambda. Interface alambiquée, langage ésotérique (RT, hashtags, @, DM, FF), étiquette précise, besoin d’applications tierces (racourcisseurs d’url, clients…).

LE MYTHE DE LA PERSONNALISATION DE L’INFO

Twitter témoigne du décalage entre le discours positiviste sur les technologies de l’info et la réalité des usages. On nous promettait grâce à Internet l’émergence des fameux contenus « à la carte », des informations sur mesure qui s’adapteraient à la personnalité de chacun. Puisque les outils le permettaient, la tendance suivrait.

Même illusion lors du déploiement du plan « informatique pour tous » de 1985 par le Premier ministre de l’époque, Laurent Fabius. Souvenez-vous de ces dizaines de milliers d’ordinateurs restés dans leurs cartons ou mal utilisés, faute d’avoir pris le temps de former les enseignants.

Même utopie lors de l’émergence des blogs et du web 2.0, dont certains voyaient le signe d’une nouvelle démocratie participative numérique.

Même égarement qu’à l’époque des promesses de démocratisation culturelle via les formidables bibliothèques du savoir en ligne.

LES TECHNOLOGIES NE CORRIGENT PAS MAIS ACCENTUENT LES INEGALITES

Toutes ces prédictions optimistes, portées par des geeks et une élite sociale auto-centrée, se sont brisées sur le réalisme des différences socio-culturelles. Pour bénéficier culturellement des innovations technologiques, il faut en avoir envie et il faut en avoir les moyens économiques (l’argent pour s’équiper), sociaux (l’entourage pour se faire aider) et intellectuels (la formation et l’éducation pour comprendre).

S’agissant de l’envie, l’appétence pour les nouvelles technologies est très dépendante du milieu socio-culturel d’appartenance. Le goût pour la connaissance s’apprend, la curiosité s’éduque que ce soit en matière alimentaire, en art ou en culture.

Ceci est très bien résumé par Eric Guichard docteur en sciences de l’information à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) :

« Mais entre ces possibles et la réalité, il y a une marge, voire un fossé. Et c’est là que la notion de literacy, ce mélange de culture et d’alphabétisme, prend son sens. L’activité intellectuelle s’acquiert souvent par apprentissage. Il faut environ 20 ans pour maîtriser l’ensemble des instruments et méthodes liés à l’exercice d’une pensée rationnelle. On voit mal comment la diffusion d’objets matériels permettrait de raccourcir ce délai d’apprentissage, si ces objets sont – comme il semblent l’être – plus des objets de consommation pure que des outils qui prolongent effectivement les processus d’écriture : on imagine difficilement savoir chercher un livre dans une bibliothèque si on ne sait pas lire, ou devenir mathématicien du simple fait qu’on s’est fait offrir une télévision numérique. »

Lire l’article entier ainsi que sa thèse

FACEBOOK : L’ANTI-PERSONNALISATION

clés en mainCrédit photo  Jeff Rinehart via Flick’r

Le succès croissant de Facebook auprès du grand public témoigne du succès de la logique inverse : la fourniture d’un service « clé en mains ». C’est la logique du «  »push qui prédomine. On reçoit des informations et sollicitations diverses plus qu’on ne va les chercher.

Ceci est cohérent avec l’usage récréatif de Facebook. Il s’agit de s’amuser entre amis et non de « se prendre la tête » avec un outil qu’il faut construire soi-même.

Cette anti-personnalisation est également en adéquation avec la fonction première de Facebook : renforcer la socialisation de ses membres. Pour se faire, l’outil valorise les comportements et opinions communes et pas celles qui se distinguent. D’où notamment l’apparition du bouton « j’aime » qui va dans le sens de cette cohésion pour ne pas dire uniformité sociale. En ce sens Facebook favorise davantage le collectif que l’individu, et pour caricaturer, serait davantage de gauche quand Twitter serait à droite (libérale).

TWITTER NE PERCERA JAMAIS AUPRES DU GRAND PUBLIC

Voilà pourquoi l’oiseau bleu est condamné à rester dans la sphère du BtoB ou à toucher une cible retreinte ultra-éduquée. Sauf à changer tellement son principe qu’il y perdrait son âme. Comme par exemple intégrer des éléments multimédia ou ne plus limiter le nombre de caractères.

Je rejoins sur ce point Cédric Deniaud qui nous explique sur son blog les cinq raisons pour lesquelles Twitter ne deviendra jamais grand public.

En revanche le principe du fil d’actu personnel  a déjà fait des émules puisqu’on le retrouve maintenant sur Facebook, LinkedIn entre autres réseaux sociaux.

Mais la personnalisation poussée dans Twitter ou dans les agrégateurs de flux RSS les condamnent irrémédiablement à une certaine confidentialité d’usage. Du moins tant que les écarts socio-culturels n’auront pas été un tant soit peu limités en amont, par l’école, notamment.

Cyrille Frank

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TV-Internet-mobiles, la fusion se pointe enfin…


Depuis le temps qu’on nous le promet… la fusion des supports est en train de se profiler via Google, une fois de plus. L’oligopole de la recherche sur Internet propose un nouveau service d’accès aux contenus web sur le téléviseur. Le télé-web-spectateur pourra consulter ses programmes et le contenu de son ordinateur, soit via un boîtier spécifique, soit directement sur certains écrans, tels ceux de Sony.

Google bénéficie d’un système d’exploitation unique et ouvert (Androïd), de son moteur de recherche omnipotent, de sa puissance publicitaire, de son immense base d’e-mails, d’une masse prodigieuse de quantité de contenus vidéos grâce à sa filiale Youtube… Autant d’aouts considérables pour faire décoller son service.

Google TV, la télévision 2.0 en détails
L’arrivée à maturité des smartphones grand public

Google TV, la fusion du web et de la télé

  • Le système ouvert peut permettre d’acquérir rapidement une base d’applications et services dont on connaît le rôle crucial pour convaincre l’utilisateur (d’où la communication massive d’Apple sur les X milliers d’applications de l’iphone).
  • La position dominante du moteur sur le marché publicitaire internet lui permet de vendre son nouveau service aux annonceurs d’autant mieux que la fameuse promesse du 360 ° leur plaît tant. Vous savez cette omniprésence média qui permet de diffuser une campagne partout où se trouve le prospect.
  • La recherche efficace par mot clé promet de d’accéder rapidement à une masse de contenus inédite, là où la navigation par onglets se révèle fastidieuse et décourageante.Reste à convaincre un nombre croissant de fabricants d’écrans d’intégrer son émulateur web via Android pour s’assurer le succès, tout comme Microsoft en son temps. Reste aussi à proposer des services et des contenus adaptés à ce support hybride, notamment en terme de navigation. Enfin la télécommande pourrait disparaître à terme au profit des fameuses interfaces naturelles.

Les constructeurs (Sony, Samsung, LG, Panasonic…) y travaillent déjà.

Les étapes suivantes devraient assez rapidement nous mener à ces programmes vidéos ou photos, enrichis d’infos contextuelles, comme dans Blade Runner. En mieux… 😉

Cyrille Frank aka Cyceron