Réflexion sur les pratiques journalistiques et des médias et de l’ensemble des producteurs d’information.

Non, Google n’est pas responsable de la standardisation journalistique

clones journalistiques ?

clones journalistiques ?

Dans un article intéressant, mais assez démago, Owni pose la question suivante : les journalistes écrivent-ils pour Google ? Le vil moteur est supposé pervertir les journalistes qui s’intéressent plus à l’efficacité SEO de leur prose qu’à la satisfaction de leurs lecteurs. C’est partiellement vrai, mais la responsabilité en incombe aux journalistes, pas à Google.

D’abord il convient de rappeler une évidence économique : le but de Google est de faire des profits, or pour se faire, l’entreprise a opté dès l’origine pour la satisfaction du client, plus que les autres. Son succès vient de sa capacité à délivrer des résultats plus pertinents, plus exhaustifs et plus rapides que les autres. Google ne s’est pas arrogé plus de 65% de parts de marché mondial et plus de 90% en france en forçant la main des utilisateurs (contrairement à Microsoft qui dans les années 70-80 a percé grâce à une (abus?) position dominante sur la distribution de matériel informatique.

Google dont j’observe avec une certaine inquiétude par ailleurs le développement tentaculaire, n’en est pas moins méritant sur son core-business : il a réussi car c’est le plus efficace, celui qui rend globalement le meilleur service aux internautes.

L’ECRITURE WEB C’EST SERVIR L’UTILISATEUR PAS GOOGLE

“L’écriture web” n’est pas destinée à Google, mais bien au récepteur final : le lecteur internaute.

Ecrire pour Google, c’est écrire d’abord pour le lecteur : faire concis et précis (titre et accroches efficaces) riche (liens externes, popularité, régularité), et accessible sur la forme (gras, paragraphes etc.)

Ce sont tous ces critères qui sont récompensés dans l’algorithme de classification de Google et le moteur ne fait qu’appliquer les bonnes pratiques journalistiques classiques, adaptées au support qu’est l’écran (la lecture est en moyenne 25% plus lente et difficile sur un écran que sur du papier selon l’expert reconnu du sujet Jakob Nielsen). Ecrire pour le web, c’est bien écrire tout court.

LA STANDARDISATION VIENT DES JOURNALISTES

S’agissant de la standardisation des formats sur le web, je rappelle que cela n’est pas nouveau. Il existe dans tous les médias, en particulier en télévision, et depuis fort longtemps. Qui n’entend la désopilante musique des actualités Pathé dans lesquelles le speaker enchaînait des phrases de 3km avec un ton nasillard et un vocable ampoulé ? C’était le standard de l’époque.

Aujourd’hui en télévision, il est à la mode d’entonner une petite musique ternaire qui alterne l’aigu et le grave pour appuyer prétendument un propos : c’est le fameux ton sentencieux et prétentieux de Capital : “derrière cette porte (respiration), des millions d’euros s’échangent” (abaissement de la voix sur la dernière syllabe).

Je ne parle même pas des clichés journalistiques qui témoignent d’un mimétisme socio-professionnel classique et dénoncée avec humour et auto-dérision sympathique par  Rue89 via le compte alertecliché

C’EST AUX PRODUCTEURS DE CONTENU DE NE PAS ABUSER

Ce qui est vrai , en revanche, c’est qu’il ne faut pas être dogmatique et appliquer bêtement des recettes de SEO sans les comprendre. Ainsi les titres avec “kickers” ne sont pas une obligation, mais c’est plus efficace en termes de lecture (et pas seulement de référencement!)

Ex :
“Retraites : le détail de la réforme du gouvernement” indique tout de suite au lecteur la nature du sujet, c’est un service à lui rendre dans la profusion d’information (l’infobésité dit-on chez les journalistes “tendance”)

Mais le titre :
“La réforme des retraites gouvernementale en détails” fonctionne très bien aussi. l’information essentielle se trouve toujours le plus tôt possible.

Il est vrai également que les titres d’articles de jeux de mots plus ou moins tirés par les cheveux ont de moins en moins lieu d’être sur Internet. Ce n’est pas la faute de Google, c’est la faute de nos modes de vie hystériques et de la concurrence de l’attention liée à la pléthore de stimuli (tv, radio, jeux, mobile etc…). Nous n’avons pas de temps à perdre, bombardés que nous sommes de messages. Attirer l’attention des lecteurs aujourd’hui c’est comme essayer de parler aux automobilistes sur l’autoroute : faut vraiment faire court et clair !

Titres 20 minutes

Titres 20 minutes

Il faut donc que les titres soient informatifs et concis s’ils veulent retenir l’attention des lecteurs et c’est ce que récompense Google, pas autre chose. Mais cela n’empêche pas d’être créatif et imaginatif sur les titres des pages d’accueil, comme le fait très bien 20minutes. A condition de veiller à écrire un titre d’article informatif pour permettre au lecteur de comprendre immédiatement de quoi on lui parle quand il arrive de la recherche, aujourd’hui et demain (il faut penser aux archives). Et pour s’adapter  aussi à tous les nouveaux modes d’accès à l’information : flux RSS, mobile etc.

Enfin l’algorithme de Google évolue constamment et les différentes techniques utilisées par les petits malins pour envoyer du trafic sur du mauvais contenu sont assez régulièrement sanctionnées. Google n’a pas envie de tuer la poule aux oeufs d’or et attache énormément d’importance à l’efficacité des critères de classification. Le jour où il cessera de le faire, il disparaîtra. C’est l’ancien éditeur d’AltaVista qui vous parle…

Google est un bon outil de recherche qui sert avant tout l’utilisateur. Si les titres web se standardisent, c’est d’une part dans l’intérêt du lecteur et d’autre part, par manque d’imagination et d’inventivité des journalistes.

Enfin, que le web soit plus orienté vitesse et efficacité est inhérent à l’usage majoritaire de ce média. Pour les titres plus incitatifs et ludiques, il y a le papier. A chacun son truc, comme l’a bien compris Libération. Enlever à la presse ce rare avantage concurrentiel par rapport au web, n’est vraiment pas charitable 🙂

Cyrille Frank aka Cyceron

Crédit photo via Flick’r @Legoboy Production

 

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Quand les journalistes se font marketeux, ce n’est pas chiant

Jour chiant- 11 août 2010 via Rue89

Jour chiant- 11 août 2010 via Rue89

Le 11 août dernier, Rue89, nous a montré comment réaliser une campagne de marketing viral en lançant la 2e édition de son #jourchiant. Une initiative réussie qui montre aussi la nécessité pour les journalistes de “marketer” un peu leurs articles.

LE #JOURCHIANT UN #JOURFASTE

Le hashtag “jourchiant est devenu n°1 des plus échangés et retwitté en France
. Il a été abondamment retwitté par la twittosphère influente et active : journalistes, blogueurs, professionnels des médias ou d’Internet… Au total 585 twitts ou retwitts sur #jourchiant (39 X 15) L’article de live-blogging de Rue89 affiche 56 000 visites sur l’article et 227 commentaires (A 12H30 le lendemain 12 août). Ce fût indéniablement le sujet le plus discuté de la journée du 11 août, du moins au sein de la twittosphère “influente”, c’est à dire des plus actifs et plus leaders d’opinion.

LES INGREDIENTS DU SUCCES

1- Un sujet pertinent

Le succès de cette opération virale repose aussi sur la cohérence avec la ligne éditoriale de Rue89. En l’occurrence le propos était pertinent : dénoncer les “marronniers d’été”, pratique journalistique traditionnelle qui consiste à édulcorer l’information en période estivale. Les journalistes parlent pas ou peu des choses graves pour ne pas fournir d’infos “anxiogènes” à leurs lecteurs durant leurs vacances. Ce qui était intéressant dans la démarche de Rue89, c’était le principe du témoignage qui ajoute une dose de représentativité à son propos. Les exemples donnés par les lecteurs eux-mêmes confirment bien le postulat de départ : oui, on en a assez de cette ligne éditoriale biaisée des médias durant les périodes de congés. L’information “sérieuse” ne s’arrête pas aux portes de l’autoroute A7.

2- Un sujet impliquant

Qui amuse, qui agace, qui enthousiasme, qui indigne… mais qui ne laisse pas indifférent.

Enthousiasme pour certains : “@coraliejaunet: Le #jourchiant de @rue89 est vraiment une bonne idée, non ?”

Indignation pour d’autres (lapin compris) :“@MMartin: #jourchiant @SylvainLapoix @tdebaillon @koztoujours @zinebdryef Le premier mot qui m’est venu, après un mot très vulgaire, c’est “indécent”…

Agacement : “@DESCHODT: heu… #jourchiant = resucée de viedemerde. On va avoir droit à des bouquins bientôt. #jourchiant #modeàlacon

Perplexité : “@SylvainLapoix: “le 11 août, #jourchiant !” Ah bon ? Société http://is.gd/ecKK9 (expand) Inter http://is.gd/ecK9o Eco http://is.gd/ecKLr Médias http://is.gd/ecKMr ” ou

@alicemkr + 1 Le #jourchiant c’est que sur Twitter. Moi j’ai passé une excellente journée! Avis aux No Life…”

Suivisme : ” @megaconnard: En ce #jourchiant suivez @megaconnard le mec le plus chiant de twitter. Sans compter l’opportunisme de bon aloi de Slate : “@slatefr: Chez nos amis de @Rue89, c’est le #jourchiant. Pas chez nous. De la lecture: http://bit.ly/9AB2RI http://bit.ly/d4xke3 http://bit.ly/bfSsRC

3- Une participation accessible

L’appel à contribution a été un succès indéniable car l’effort demandé était mesuré. Il s’agissait d’une participation facile et rapide qui suscitait l’engagement immédiat du plus grand nombre. On n’était pas dans le data-journalisme contributif de Wikileaks ou d’Owni qui requièrent davantage de temps et d’abnégation.

4- Un ton ludique

Crédit phto Eyecatcher

Crédit photo : Eyecatcher via Flick'r

Si le propos de fond est sérieux, le ton est humoristique. Il s’agit de repérer les “perles” de l’information assoupie, pas de dénoncer gravement les dérives d’une société en perte de valeur ou de démocratie, à la sauce Plenel. L’équipe de Rue89 s’est clairement amusée avec son sujet, n’hésitant pas à se bâcher les uns les autres sur Twitter dans une ambiance espiègle et rigolarde, à l’exemple de @Pierrehaski en personne :

“Un #jourchiant sans @Julien89, c’est comme un plat auquel manquerait une épice”

Et la réponse de @Julien89 : “Pfff, vous êtes déjà alcoolisés… @zinebdryef @pierrehaski @AugustinS @lucilesourdes @emmabonneau @francoiskrug @yannguegan #jourchiant“…

5- Une contribution valorisante

C’est un élément très important du mécanisme viral de ces sujets en chaîne, reliés par les hashtags #). Il faut impérativement que le participant soit valorisé socialement par son propos. La bonne idée de Rue89 est de permettre à tous d’être intelligents et de briller en société. On retrouve ce principe dans d’autres hashtags récents comme : #4motsavantlamort, #PourTousCeuxQui, #jesuisvieux. Faire plancher tout le monde sur un sujet identique pas trop dur,  afin de permettre à chacun d’exprimer sa lucidité, sa pertinence, sa créativité, son humour, sa sensibilité. En somme ces hashtags sociaux sont des exhausteurs de personnalité, et quel meilleur moyen pour susciter l’adhésion de la population active de Twitter, justement en recherche de visibilité sociale ?

6- Une force de frappe médiatique

La meilleure idée du monde ne suffit pas à lancer une opération virale, il faut que celle-ci puisse s’appuyer sur un relais médiatique fort. En l’occurrence, Rue89 a soigné l’exposition de son l’article en Une de son site, mais a aussi promu l’article sur Twitter, mettant une bonne partie de sa rédaction à contribution, à commencer par son patron Pierre Haski. @augustins, @YannGueguan, @zinebdeyef, @lucilesourdes, @emmabonneau @julien89 ou encore le compte officiel de la rédaction @rue89 ont donc relayé l’opération.

Rue89 nous a donc prouvé comment les réseaux sociaux pouvaient être utilisés pour augmenter son audience, sans pervertir sa ligne éditoriale ni abîmer son image (hormis auprès de quelques grincheux qui n’ont pas compris la démarche). C’est un exemple réussi d’une vraie synergie entre journalistes et lecteurs, porteuse de sens mais aussi de complicité. Et cela sans dotation :) . Mais ce succès viral est aussi la récompense d’un travail communautaire et journalistique de longue haleine appuyé sur un média. N’est pas Rue89 qui veut…”

Cyrille Frank aka Cyceron

Information politique en télé : cinq choses à changer en urgence

L’interview du chef de l’Etat par David Pujadas le 13 juillet dernier témoigne du manque de pugnacité de nos journalistes télé face aux politiques. Tutelle politique du service public, révérence historique, manque de préparation et différentiel de moyens. L’information politique télévisée doit changer.

David Medioni, journaliste à CB News,compare la prestation de David Pujadas au travail réalisé par Médiapart ces derniers jours. Il y voit fort justement une fracture journalistique entre ceux qui enquêtent et font leur travail de vérification tels Edwy Plenel et les autres, simples “passeurs de plats”.

Je loue comme lui le travail de Mediapart et pas uniquement sur l’affaire Bettencourt (voir leur enquête remarquable sur l’affaire Karachi). Mais attention aussi à ne pas réduire la vraie presse à celle qui révèle des scandales. Il y a de forts risques d’instrumentalisation comme le Canard enchaîné le sait bien. Il y a aussi un risque de dérive démagogique sur le registre Salut du peuple de Marat. Enfin, il ne faut pas oublier les petites victoires du quotidien qui consistent à simplement vérifier un fait, un chiffre, et les mettre en perspective.

Cela dit, cet épisode met en lumière ce que je redoute avec l’irruption sur le web des modèles d’information payants : une information à deux vitesses, un accroissement des inégalités culturelles. Aux classes aisées le décryptage et l’info coûteuse, aux classes plus modestes, la communication ou la rumeur sur le web ou en télévision, média encore dominant sur le plan politique.

La télévision reste de loin la source d’information numéro un de nos compatriotes (cf ci-dessous), son contrôle est primordial pour les politiques dans leur communication auprès des électeurs.  Le pouvoir a très bien compris cela, depuis les débuts de ce média, de De Gaulle à Sarkozy en passant par VGE ou Mitterrand.

Projet Mediapolis, information politique et citoyenneté à l’ère numérique (version française)

UNE TUTELLE POLITIQUE DEPUIS L ORIGINE

La nomination des patrons de l’audiovisuel public est sous le contrôle du chef de l’Etat via le conseil des ministres qu’il préside. Certes le pdg de France Télévision ne rapporte plus directement au ministre de l’Information comme c’était le cas du temps de l’ORTF. Il n’empêche, le lien de vassalité au plus haut niveau existe. On ne mord pas la main qui vous nourrit chez les gens bien élevés. Et lorsqu’on le fait, on se condamne, comme Patrick de Carolis en a fait l’expérience.

D’ailleurs, c’est la réforme constitutionnelle de 2008 qui a renforcé le pouvoir de nomination du chef de l’Etat sur une cinquantaine de patrons du secteur public.

Auparavant, la nomination des pdg de France Télévision ou Radio-France se faisait via le CSA. Il s’agissait de “mettre fin à une hypocrisie” selon le chef de l’Etat puisque les membres du CSA étaient partiellement désignés par le président. En réalité, seuls trois d’entre eux sont directement nommés par lui, sur neuf membres (trois le sont par l’Assemblée, les trois derniers par le Sénat).

De longue date en France, le service politique a été étroitement surveillé et encadré par le pouvoir et ceux qui ont réussi à perdurer dans ce métier, tel Alain Duhamel, ont su faire preuve d’une révérencieuse allégeance.  Sa prétendue “insolence” ou son impudente audace ont toujours été parfaitement tolérées et contrôlées par les pouvoirs politiques et l’intelligence du bonhomme était de donner l’illusion du combat. Comme ces matches de boxe truqués où le perdant désigné doit se battre en apparence pour ne pas éveiller de soupçon et entretenir les paris.

Cette révérence à l’égard des politiques a toujours surpris nos compatriotes étrangers. Certains se souviendront peut-être de cette interview de mars 1993 où des journalistes belges sidérés furent sèchement éconduits par François Mitterrand pour avoir posé une question gênante sur les écoutes élyséennes

De même, nos confrères anglo-saxons s’étonnent que nos journalistes ne reformulent pas les questions auxquelles les politiques se dérobent, jusqu’à ce qu’ils obtiennent une réponse (la méthode BBC).

Les téléspectateurs semblent accepter plutôt bien ces dérobades institutionnalisées via une expression dédiée : la “langue de bois”. Ou alors, est-ce un facteur parmi d’autres expliquant la désaffection vis à vis de la chose publique ?

LE MENSONGE EN DIRECT NOUVELLE TECHNIQUE IMPARABLE

Depuis la campagne présidentielle de 2007, est apparu une nouvelle technique redoutablement efficace : le mensonge en direct. Le candidat Sarkozy, à l’instar de son opposante Ségolène Royal, ont raconté des sornettes, rabaissé ou exagéré les chiffres, affabulé devant les Français et ce, à de nombreuses reprises

Bien sûr les “bourdes”, comme on a nommé par euphémisme ces erreurs à répétition, ont le plus souvent été relevées et critiquées dans la presse le lendemain, mais compte tenu du fort différentiel d’audience entre la télé et la presse, le mal n’était jamais corrigé.

Les politiques, fin observateurs, ont bien compris qu’en télévision, il faut surtout avoir raison en temps réel, à tout prix, même au risque de mentir ou de se tromper. Le risque est pleinement calculé, car on convainc arithmétiquement plus de monde qu’on en perd. Cf le schéma illustratif ci-dessous (les volumes de temps et d’audience sont illustratifs du mécanisme et non “scientifiques”).

differentiel audience tv-presse

differentiel audience tv-presse

MANQUE DE PREPARATION ET ASYMETRIE DES MOYENS

On a certes des doutes sur le professionnalisme de quelques présentateurs-journalistes lors de certains débats télévisés. Qu’il s’agisse de PPDA, Arlette Chabot ou David Pujadas, on a pu mettre leur faible pugnacité sur le compte d’un certain manque de courage. Celui de poser la question qui fâche, celui de rectifier un propos erroné, celui de reformuler une question. Compte tenu de la tutelle politique (France 2) ou économique (TF1), on peut comprendre humainement que nos journalistes vedettes ne se suicident pas professionnellement, mais on ne peut l’accepter sur le plan déontologique.

Mais à mon avis, le problème vient moins d’une soumission délibérée au pouvoir que d’un manque de préparation. Face aux politiques entourés d’une armée de conseillers et petites mains qui balisent leurs interventions télévisées, les journalistes ne sont pas de taille. Les élus et gouvernants arrivent souvent bien mieux préparés que leurs interlocuteurs, avec des chiffres, des faits, des arguments, une gestuelle, des mots et phrases “clés” pour faire mouche. Tel le fameux “monopole du coeur” de VGE en 1974.

De leur côté, les journalistes-présentateurs télé sont des généralistes, avec une bonne voire une excellente culture générale, mais experts de rien. Ils sont incapables de déceler les erreurs disséminées dans un propos un tant soit peu pointu. Les anciens “rubriquards” connaissant parfaitement les données précises de leur spécialité, ont laissé la place aux Polyvalents Populaires, les PéPés pourrait-on dire.

Nicolas Sarkozy peut donc déclarer, entre autres sottises, dans “J’ai une question à vous poser” sur TF1 en mars 2007 : “Le SMIC, c’est le salaire de la moitié des Français.” (15,6% selon l’agence Eurostat, à l’époque) sans être contredit sur le moment.

Ségolène Royal énoncer des chiffres ahurissants sur le nombre de femmes tuées par leurs conjoints, sans que son interlocutrice ne la corrige. Ou encore les deux candidats proférer des énormités sur le nucléaire français en direct, sans être inquiétés le moins du monde  durant l’émission.

CINQ MANIERES DE CHANGER LE TRAITEMENT POLITIQUE EN TV

1- Redonner leur place aux experts, chefs de rubriques, techniciens-journalistes. Et les impliquer dans les émissions en direct. Le généraliste ne sera là que pour animer l’émission, enchaîner les sujets et encadrer les débats.

2- Travailler collectivement pour mieux préparer les émissions à fort enjeu : avoir les chiffres et faits précis sur les sujets qu’on s’apprête à aborder. Pourquoi pas d’ailleurs un tableau de bord sur les murs du plateau de l’émission elle-même ? La pratique collective est aussi un moyen de se protéger contre la sanction politicienne : on ne pourra pas punir tous les coupables, coller la classe toute entière.

3- Il faut surtout instaurer un dispositif de vérification en temps réel des propos énoncés. Une cellule de “fact checking” qui pourra intervenir en direct au cours de l’émission pour corriger une erreur. Un nouveau concept d’émission pourrait même être inventé : “Droit de rectification”, après le fameux et défunt “Droit de réponse”.

4- Mettre un terme à la tutelle politique directe sur le service public et permettre un contre-pouvoir des journalistes en cas d’abus (vote à la majorité absolue d’une motion de défiance à l’égard du pdg de la chaîne par les journalistes)

5- Changer les mentalités : reformuler plusieurs fois une question n’est pas une agression, corriger un politique n’est pas impoli. Inspirons-nous des méthodes d’interview anglo-saxonnes : être courtois mais têtu.

Il est vital pour notre démocratie que la télévision s’adapte à la vitesse de nos modes de vie qui donnent la primeur à l’instant *. Gare à cette société sans mémoire, de la réaction et de l’émotion. Comme les poissons rouges, elle tourne en rond.

* En témoigne d’ailleurs le temps qu’il m’a fallu pour retrouver sur Internet certains articles et vidéos de la campagne présidentielle 2007, pour la plupart effacés ou enfouis dans les méandres du web.

Lire l’article du post.fr : le gentil Pujadas passe les plats et offre une tribune au président

Et aussi via l’AFP : Interview Sarkozy par Pujadas: “une honte” pour le SNJ-CGT de France Télévisions

Cyrille Frank aka Cyceron

Avec son titre-insulte, l’Equipe est-il allé trop loin ?

Une de l'Equipe - 19 juin 2010

Une de l'Equipe - 19 juin 2010

Depuis cette Une du quotidien sportif et le drame ubuesque qui a suivi, les avis divergent sur la pertinence de ce sujet et son traitement.

Vue l’ampleur des conséquences pour l’équipe de France, mais aussi pour l‘image du pays dans le monde, se posent deux questions : fallait-il relayer cette info et était-il nécessaire de titrer l’insulte elle-même ?

LES ARGUMENTS CONTRE LA MEDIATISATION DE L’INFORMATION

– Cette insulte : “va te faire enculer, sale fils de pute” est courante dans les vestiaires, elle fait partie des moments habituels et inhérents au sport de haut niveau. Elle n’aurait jamais du sortir du cadre privé d’où elle émane. C’est la position de Raymond Domenech qui valide ainsi l’argument de “trahison” évoqué par Patrick Evra et Frank Ribéry.

– Ce micro-évènement n’est devenu un drame que via sa médiatisation. Toute vérité n’est pas bonne à dire, surtout quand on est observé par la planète entière et quand les enjeux sont aussi importants, et pas uniquement sur le plan financier. On pense à l’image désastreuse de l’équipe de France  et donc du pays qu’elle représente, on pense au désarroi des amateurs et supporters, on pense au peuple souverain dont on abîme le rêve.

– Cette médiatisation relève d’une “peopolisation” néfaste de l’information destinée à vendre davantage de papier. Elle n’apporte rien sur le plan sportif, elle ne fait que créer le désordre.

– C’est un très mauvais exemple pour la jeunesse, c’est une banalisation de la grossièreté déjà vulgarisée et légitimée par le politique lui-même.

LES ARGUMENTS FAVORABLES A CETTE MEDIATISATION

– Cette insulte n’est pas anodine, elle est que la dernière illustration d’un problème global de comportement de Nicolas Anelka qui n’est pas nouveau. Relayer ce propos était important pour comprendre le problème profond de cette équipe de France qui a témoigné récemment de son naufrage. Car ce manque de respect des mots illustre aussi le manque de respect des consignes, Nicolas Anelka n’ayant pas accepté au cours des deux derniers matchs  le positionnement tactique qui lui était attribué par le sélectionneur.

L’historique de Nicolas Anelka et ses différents déboires dans de nombreux clubs empêchait de prendre cet évènement comme un dérapage isolé.

– Le rôle du journaliste est de médiatiser des informations qui ont du sens, qui apportent un éclairage sur un problème réel. Il doit être avant tout au service des lecteurs-citoyens, y compris si cela doit heurter les intérêts politiques ou financiers. Ici, il était utile au lecteur d’apprendre qu’il y avait un problème comportemental au sein de l’équipe de France, qui est avant tout la représentation de la République et pas n’importe quelle société “privée”. Raison pour laquelle elle doit rendre des comptes vis-à-vis des citoyens et ses représentants.

– Le journaliste est aussi un citoyen lui-même et il lui appartient de défendre les valeurs qui lui sont chères et d’avoir, pourquoi pas, une action réelle sur le cours des évènements. La conception du journaliste simple observateur neutre et impartial est une chimère et une hypocrisie.

LES ARGUMENTS CONTRE LE TITRE LUI-MEME

Le sujet est légitime mais la forme est contestable. Cette insulte violente reprise dans le titre est racoleuse et néfaste.

– Elle contribue à la dévalorisation des médias qui ne prennent plus la distance nécessaire par rapport aux faits, se contentant de relayer le propos  en Une, pour mieux attirer le chaland en jouant sur la fibre émotionnelle. (on disqualifie d’emblée le fond en mettant en avant la forme injurieuse).

– Elle amplifie inutilement la gravité de l’affaire en décuplant son caractère choquant. Ce qui est à l’origine de l’enchaînement dramatique des évènements qui tombent comme des dominos, poussés par un souffle médiatique “artificiel”.

LES ARGUMENTS EN FAVEUR DU TITRE CHOQUANT

Il fallait choquer car les propos, même tenus dans l’intimité d’un vestiaire, ne sont pas acceptables. Et c’est peut-être cette indulgence qui explique aussi le manque d’autorité du sélectionneur vis à vis de ses joueurs. D’autres avant lui n’ont pas hésité à écarter les fortes têtes (Anelka, Cantona, Ginola…) pour garder le contrôle sur le groupe.

– Sans pouvoir anticiper le mélodrame incroyable qui a suivi, l’Equipe a eu raison de lancer ce pavé dans la mare pour témoigner de l’ampleur du problème et appeler à la responsabilité de tous dans cet échec sportif patent.

– L’électrochoc était aussi une nécessité pour anticiper une refondation salutaire sur de meilleures bases à l’aube d’une élimination quasi-assurée.

UN “J’ACCUSE” MODERNE : LA DENONCIATION UTILE DES JOURNALISTES

Cette “affaire” sur un plan journalistique montre toute la difficulté de la déontologie de la profession. Elle confronte ce métier à ses valeurs profondes, à ses missions et ses limites.

De mon point de vue, le journalisme ne doit pas franchir la ligne de l’exécutif : elle ne doit pas servir de façon unilatérale un clan, un pouvoir quelconque, ou même une cause, au risque de passer dans le militantisme et la politique. En revanche elle peut et elle doit dans certains cas, prendre partie et ne peut s’abriter confortablement derrière une impartialité impossible. Le journaliste est aussi citoyen, il peut défendre des valeurs.

En le cas d’espèce,   je soutiens le sujet de l’Equipe qui était selon moi bien plus qu’un épiphénomène (et la suite des évènements tend à me donner raison). Sur la forme, je ne suis pas sûr que l’électrochoc de l’insulte en Une était nécessaire et je crains qu’elle ne crée un précédent dangereux pour les médias, façon tabloïd britannique.

Par son titre, l’Equipe a eu un réel pouvoir politique. Il a dynamité la fourmilière footbalistique et on peut se demander s’il n’a pas outrepassé sa fonction.

Je pense cependant qu’en l’occurrence, il a eu raison sur le fond, car il fallait dénoncer une situation exceptionnelle. Il est des cas où le journaliste doit sortir de sa modération pour faire éclater une vérité désagréable, pour crier “le roi est nu !”. C’est la même logique qui a prévalu lors du fameux “J’accuse” de Zola, pour des motifs plus nobles et graves, mais pas différents sur le fond.

Par ailleurs, ne tuons pas le messager funeste comme dans l’Antiquité, ne confondons pas symptôme et maladie. Oui, les médias révèlent des scandales, ce qui crée du “désordre”. Mais ce désordre vient avant tout du scandale lui-même, pas de sa médiatisation. A oublier ceci, on prend un grand risque pour notre démocratie. L’auto-censure “positive” est l’arme des régimes autoritaires. Je préfère un peu trop de scandale que pas du tout. Et vous 😉 ?

Cyrille Frank aka Cyceron

Polémiques, Twitts-clashs, web-bastons… paroxysme de la société du spectacle ?

Pas un jour presque sans que n’apparaisse sur le réseau une nouvelle polémique, un  “twitt-clash”, un “blog-bashing”… Querelles orchestrées par d’habiles provocateurs et suivies par la masse des internautes ravis du spectacle.

L’un des derniers épisodes en date, c’est le web-bashing de Guy Birenbaum à l’encontre de Jean-Michel Aphatie par. Et la réponse de l’intéressé qui a fait monter encore un peu plus la mayonnaise, à la grande joie du premier.

Ces épisodes de baston virtuelle sur le réseau sont foison, entretenues avec délectation et savoir-faire par des spécialistes du genre, ou simplement déclenchées par des leaders d’opinion, tel le dernier couple ennemi florencedesruol et vincentglad.

Je vous fais grâce de l’inventaire laborieux de toutes ces chamailleries qui font l’objet aujourd’hui de fils d’infos dédiés : tweet_clash, ou encore twittpoubelle

COMMENT EXPLIQUER CE PHENOMENE ?

Du côté des récepteurs d’abord vient une réponse facile : l’Homme un brin sadique, aime l’odeur du sang. C’est sans doute un héritage de notre nature animale, de nos instincts combattifs, de nos gènes et nos hormones. Mais je n’en dirai pas plus au risque de me fâcher avec les partisans de telle ou telle école scientifique. Quoi qu’il en soit, les manifestations de cette cruauté et ce goût du macabre ou morbide sont légion.

Rappelez-vous les attroupements passifs devant les bagarres de cours de récré. Ou les embouteillages monstres sur l’autoroute A13 dus aux conducteurs-voyeurs d’un accident mortel.
Ou même de façon encore plus structurelle, le succès constant des faits divers et multiples canards sordides

Mais ce goût du public pour l’affrontement a d’autres raisons plus subtiles, plus indirectes.

LUTTER CONTRE L’APATHIE (sans mauvais jeu de mot)

En ces temps de politiquement correct, de fusion sociale, de consensus systématique, les occasions d’assister à l’expression de points de vues et d’attitude divergente se font de plus en plus rares. Et selon la loi classique de l’offre et la demande, ce qui est rare prend donc de la valeur.

Enfin quelque chose qui nous sort de cette émollient sentiment que tout le monde est d’accord, partage la même opinion, est si tolérant, ouvert, moderne… Sentiment d’autant plus sensible parmi les classes  supérieures sur-représentées des twitteurs-blogueurs.

Ces affrontements créent aussi des événements artificiels dans nos vies tertiarisées derrière nos écrans qui manquent singulièrement de diversité, pour ne pas dire de piment. “Oulala, t’as vu ce qu’il a dit à la maîtresse ?”

Les polémiques permettent enfin de simplifier la lecture du monde, de l’actualité sur un mode binaire : d’accord, pas d’accord. Qui va de pair avec le j’aime, j’aime pas de Facebook qui annule toute nuance et réduit la communication à une question fermée.

DU COTE DES (VILAINS) ORGANISATEURS

La première raison tient à la création de trafic et de notoriété pour gagner en valeur médiatique, en influence. Etre “quelqu’un” sur la toile se mesure aussi à sa capacité à générer du bruit, du buzz.

Les nouveaux médiateurs des médias numériques ne font d’ailleurs qu’imiter les médias traditionnels, toujours enclins à exploiter la moindre polémique pour vendre. Qu’on se rappelle”Droit de réponse”, “Piques et polémiques”, “On ne peut pas plaire à tout le monde”… pour ne citer que les émissions de télévision.

Les bastons publiques permettent aussi de cultiver une distance savamment étudiée par rapport à la norme, celle qui permet d’être un socialement transcendant, à la fois extérieur et donc supérieur à la foule. Etre un poil grossier, libidineux, sordide ou de mauvais goût permet alors de véhiculer des valeurs plus positives que négatives au sein du milieu éduqué de la blogo-twitto-sphère.

  • L’honnêteté intellectuelle, de la transparence morale. Le message implicite est “je ne me pare pas de toutes les vertus, je reconnais même publiquement mes vices”

  • L’assurance, la force. “Même pas mal, je suis au dessus de ça, je maîtrise…” C’est Brice de Nice, le champion local du cassage potache.

  • Une certaine forme de courage. Celle de défendre ses positions, au risque d’y perdre la face. On est tout à fait dans le registre du film Ridicule où les mots sont comme des armes qui tuent socialement (voir video ci-dessus)


UNE TENDANCE EN HAUSSE ?

Difficile à confirmer sans une étude quantitative, mais j’ai le sentiment qu’en effet ce phénomène s’accentue à la fois dans les médias traditionnels et plus encore sur les médias semi-pro que sont Twitter et les blogs.

La société du spectacle semble s’être amplifiée sous l’effet des nouveaux outils et de la concurrence accrue des médias entre eux. Notre société des loisirs, notre temps libre et confort croissant (du moins pour les classes moyennes-supérieures) nous rapproche de cette vision décrite dans le film “Roller-ball”, plus subtil qu’il ne paraît.

Les pulsions violentes d’une population oisive, qui explosent à force d’être réprimées par le consensus artificiel, maintenu par le jeu, la drogue et Big Brother. Remplacez la drogue par la TV… Cela ne vous rappelle rien ?

Cyrille Frank aka Cyceron

La communication contre l’information

Davanac et Cédric se sont livrés à une discussion brillante notamment sur les enjeux d’une information “participative”. L’occasion de réagir à leurs propos tenus sur l’excellent blog Blogguing the News.


Brillantes réflexions sur la nécessité de repenser le rôle des journalistes et de l’information en général.

Je reconnais l’art du contre-pied cognitif de Cédric qui a le mérite de repositionner le débat sur le plus important en effet.

L’information a un coût, a-t-elle pour autant une valeur ?

Naturellement oui, l’information a un coût de production. L’information à sa source vérifiée, comparée, hiérarchisée.

Parce que ces processus prennent du temps et que le temps, comme chacun le sait, c’est de l’argent. Il y a des blogueurs exceptionnels qui – de Maitre Eolas à Jules de Diner’s Room en passant par Hugues Serraf- sont capables de faire tout cela, en plus de leur « vrai » métier.

Mais ces prouesses relèvent de l’exception, de l’insomnie et que sais-je encore…

Pour la masse des autres personnes « normales », le travail d’information de qualité est un métier en soi qui requiert un salaire, sauf à disposer soi-même d’un héritage qui nous dispense de toute activité lucrative. Vous conviendrez avec moi que ce cas de figure est assez rare.

Donc oui, la production d’information, indépendamment de son mode de diffusion (papier ou web) n’est pas gratuite.

Mais là où je rejoins Cédric, c’est que ce n’est pas là que se crée la valeur principale pour l’utilisateur. Ce n’est pas ce pour quoi il est prêt à sortir sa bourse, en particulier depuis que l’information pure est devenue gratuite via Internet. La question est donc qu’est-ce qui motive donc l’achat d’un journal web ou papier aujourd’hui ?

La relation au détriment du contenu

Cédric tu y réponds bien par le mot « communication ». C’est le lien social, la relation aux autres au sens premier du terme. Il s’agit d’être connecté, de partager, d’échanger, de montrer (rôle de marqueur social du libé sous le bras). C’est la relation contre le contenu ou la communication contre l’information. Et Damien a raison de prêcher pour cette tendance, sinon nouvelle, en tout cas exacerbée par les technologies actuelles.

J’aurais néanmoins un bémol à émettre sur le fond par rapport à cela.

La communication n’est pas une fin en soi. Plus on la renforce au détriment de l’information, plus la Communication au sens large du terme s’appauvrit. Et c’est une tendance que l’on peut déplorer aujourd’hui du moins pour le grand public.

Quand l’information se réduit au lien, on tombe dans l’émotionnel pur, la polémique à tout crin, la discussion de comptoir. Tout ce qui rapproche les hommes mais n’apporte aucun enrichissement cognitif. La machine tourne à vide. Les rouages de la pensée ne sont alimentés par aucun carburant et le résultat est désastreux. En témoignent les commentaires souvent déplorables relevés dans le débat sur l’identité culturelle.

Il arrive alors un moment où le lecteur-citoyen tel l’enfant capricieux arrivé à maturité nous reprochera de lui avoir trop servi la soupe – ou les bonbons Haribo pour reprendre la métaphore. Il se tournera alors vers ceux qui auront le moins cédé à la facilité tout en faisant un effort de vulgarisation. Si tu manges ta viande je te donnes ton yaourt aux fraises.

Tiens voilà un article sur les Miss France mais jette aussi un oeil au passage sur cette info traitant du business de la télé, lequel va enrichir ta compréhension méta-linguistique du média télé lui-même.

Du rôle pédagogique des médias

Qui sommes nous pour décider de ce qui est bon ou utile pour les autres ? Ni plus ni moins que les héritiers des Lumières pour qui l’information devait servir de terreau à l’épanouissement d’un nouveau concept : la démocratie éclairée. Si l’on perd cela de vue, on perd un peu de ce qui fait la déontologie de notre métier. Divertir certes, rendre service assurément. Mais aussi former des citoyens acceptables qui iront voter pour nos représentants.

Cyrille Frank aka Cyceron

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