Les innovations médias et les outils qui font évoluer le métier de journaliste et des producteurs de contenus.

Presse et contenus en ligne : les défis de la monétisation (2/2)

Accueil table ronde Geste -mediaculture.fr

Accueil table ronde Geste -mediaculture.fr

Suite de cette riche matinée organisée par le Geste jeudi 25 avril dans les locaux de l’Express-Roularta. Les différentes intervenants nous ont livré leurs dix pistes de travail pour mieux monétiser les contenus sur Internet.

1- PROPOSER DES FORMATS PUB INNOVANTS

Face à l’érosion de la publicité display traditionnelle au CPM (laquelle a perdu 55 millions € de chiffre d’affaires en 2012), il faut se montrer imaginatif. Il y a bien sûr les dispositifs « ROI-istes » de type CPC (coût par clic), CPL (coût par lead) ou même CPA (coût par action : vote, partage, like, achat…).

Il y a aussi le marketing éditorial, baptisé aussi « brand-content » ou encore « native advertising » (un terme marketing lui-même soigneusement choisi pour vendre le principe). En gros il s’agit du recyclage plus subtil du publi-rédactionnel de papa.

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Les clés de la social TV

Les clés de la social tv - mediaculture.fr

Téléviseur social ©Roadsidepictures via Flickr.com

NPA Consulting présentait mardi 16 avril 2013 ses nouveaux outils de mesure en télé sociale. Le cabinet  y livrait ses « clés » de compréhension du phénomène. L’occasion de mettre à mal quelques idées reçues sur la télévision sociale.

76 % des personnes regardent désormais la télévision avec un smartphone ou une tablette dans les mains. Le développement du « second écran » dont certains estiment d’ailleurs qu’il est devenu le premier explique l’engouement actuel pour la social TV.

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Le Monde se lance à la conquête de nouveaux abonnés et des nouveaux usages

L'édition de type print ©Le Monde

Le Monde a dévoilé vendredi 5 avril la nouvelle formule en ligne dédiée à ses abonnés. Un an après avoir relifté la version gratuite, le groupe cherche à consolider son modèle mixte en étoffant son offre payante, afin de recruter de nouveaux abonnés.

Le monde.fr compte quelque 40 000 abonnés 100% digitaux, et environ 60 000 abonnés papier qui ont activé leur abonnement digital. L’objectif affiché est de quintupler ce chiffre en trois ans, soit de recruter 200 000 abonnés purement numériques, explique Louis Dreyfus, président du directoire.

L’effort a été porté sur une ergonomie de lecture plus grande et la prise en compte des nouveaux usages sur PC, tablette et mobile. Tout en conservant ce qui fait l’adn du Monde : la hiérarchisation de l’information.

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Comment les médias sauront ce que vous voulez, avant vous !

Boule de cristal analytique - mediaculture.fr

Boule de cristal médiatique ©yorkjason via Flickr

Les outils d’aide à la décision éditoriale se développent. Pour améliorer la curation de contenus, pour repérer les sujets qui « montent », pour anticiper les attentes. Un avantage concurrentiel, qui se traduit en audience sonnante et trébuchante. 

Aujourd’hui, tous les sites médias sont équipés d’outils de tracking d’audience de type Google Analytics, Xiti, Webtrends ou encore Omniture. Afin d’être plus en plus réactifs vis à vis de l’audience, ces solutions se sont dotées de fonctions « temps réel », à l’instar de logiciels gratuits comme Chartbeat. Ce dernier mesurant l’afflux ce visiteurs en direct sur la page d’accueil.

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Le data-journalisme, c’est de l’enquête, pas du code…

Steve Doig au SPQR mars 2013

Steve Doig au SPQR mars 2013

Steve Doig intervenait le 22 mars 2013 au SPQR (syndicat presse quotidienne régionale) pour expliquer l’intérêt concret du data-journalisme pour les éditeurs. Selon lui, c’est avant tout une manière d’apporter de la profondeur d’information, à moindre coût.

Steve Doig est un grand monsieur du journalisme. Il détient une chaire de journalisme assisté d’ordinateur de la fondation Knight à l’Université d’Arizona. Journaliste au Miami Herald pendant 19 ans, son enquête sur l’ouragan Andrew a été couronnée en 1993 du prix Pulitzer.

Le data-journalisme pour Steve Doig, c’est « les sciences sociales plus les échéances » (« social sciences plus deadlines »). Le fond du travail,  c’est de la sociologie, de l’urbanisme, des statistiques sociales… Mais comme il faut aller beaucoup plus vite que dans la recherche, on emploie les outils informatiques.

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Usages, tendances, chiffres… A quoi ressemblera le mobile de demain ?

©Paramount Pictures - Le mobile dans 10 ans

©Paramount Pictures – Le mobile dans 10 ans

Le 13 mars dernier, Satellinet et La Cantine ont organisé une conférence sur l’avenir du mobile d’ici 5-10 ans. Un bon aperçu des tendances, enjeux et usages. Un constat : le centre de gravité se déplace vers l’Asie et l’Afrique revient dans la course.

L’internet mobile est l’un des mouvements technologiques les plus forts de ces dix dernières années. Un phénomène planétaire qui suscite une pléthore d’innovations de rupture. Les intervenants ont rappelé quelques chiffres pour prendre la mesure du phénomène.

Il y a 7 milliards de téléphones mobile dans le monde et désormais plus de mobinautes que d’internautes à l’échelle de la planète. Pour François Thénoz, directeur de la stratégie et du marketing d’Orange, il n’y a pas de doutes : la migration est en marche !

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Le « data-journalisme » ne va pas tuer les journalistes, enfin, pas tous…

Nicolas Kayser-Bril au Figaro le 18 janvier 2013

Nicolas Kayser-Bril au Figaro le 18 janvier 2013

 

Le « data-journalisme », plus qu’un mot à la mode, n’est pas non plus la solution miracle aux problèmes de monétisation de la presse. Cette innovation bouleverse les métiers et contraint les rédactions à plus de polyvalence et de collaboration.

Nicolas Kayser-Bril animait vendredi 18 janvier une conférence au Figaro présentant le data-journalisme et sa présentation a suscité intérêt, scepticisme et crainte tout à la fois. Des réactions qui résument assez bien la palette des sentiments qui émergent quand on évoque le « journalisme de données ».

Mais, avec le « journalisme de données », de quoi parle-t-on exactement ? Ce n’est pas de l’infographie, même si elle peut s’appuyer sur ce mode de représentation pour gagner en lisibilité et agrément.

Ce qui est différent c’est l‘interactivité de l’information et la possibilité de naviguer dans le contenu pour y puiser ce qui nous concerne ou nous intéresse personnellement. Dans l’exemple ci-dessous, qui montre la densité de chômage par canton allemand depuis 2005, le lecteur a la possibilité d’indiquer son propre canton, dans la première zone de saisie. Le graphisme est au service de la lisibilité, car il permet de saisir immédiatement deux tendances : la nette amélioration de l’emploi pour une vingtaine de cantons. Et la forte disparité régionale, puisque les cantons du bas de l’infographie sont encore beaucoup plus clairs.

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Non, le fact-checking en télé n’est pas un gadget, c’est un impératif citoyen !

Bonne et belle empoignade Twitterienne mardi 23 octobre, initiée par Jean-Marie Charon aux alentours de 8h15  sur la question du fact-checking. Et qui a opposé les défenseurs d’un fact-checking en temps réel en télévision (moi-même et Erwann Gaucher)  aux plus sceptiques Eric Mettout et Jean-Marie Charon.

Le terme de « fact-checking » n’est pas nouveau : il date des années 30 aux Etats-Unis, période durant laquelle les grands journaux créent des départements spécialisés dans la vérification de l’information. Les articles des journalistes sont passés au peigne fin pour en vérifier le fond, qu’il s’agisse des faits, des dates, des chiffres… Le mot est remis à la mode dès 2004, à mesure qu’apparaissent des fondations, sites et blogs dédiés à la vérification de la parole politique : factcheck.org, politiFact.comThe Fact Checker

L’enjeu de présidentielle américaine explique cette profusion de « vérificateurs ». A l’image du site factcheck.org qui acquiert une notorieté incroyable, suite au débat entre les deux candidats à la vice-présidence Dick Cheney et John Edwards. Factcheck.org établira les responsabilités réelles de Dick Cheney dans les difficultés rencontrées par la societé pétrolière Halliburton qu’il avait dirigée entre 1995 et 2000.

Chez nous, le précurseur de cette tendance est Daniel Schneidermann et son émission Arrêt sur images sur France 5 lancée dès 1995, mais arrêtée en 2007, à la veille de la présidentielle française (un rapport de cause à effet ?). Le site web ne sera lancé lui, qu’en janvier 2008, après l’élection. Pareil pour le blog désintox de Libération qui ne voit le jour qu’en 2008.

Le Monde suivra en novembre 2009 avec Les décodeurs avant de toucher la radio, tels le Vrai/faux de l’info de Laurent Guimier sur Europe 1 ou Le Vrai du faux sur France Info. Mais c’est à l’occasion de la présidentielle 2012, que le fact-checking « en temps réel » (ou presque) se développe.

Le Monde, Libération et d’autres demandent à des journalistes de vérifier l’info et publier les correctifs éventuels pendant les débats. Itélé et le site owni inaugurent même la première rubrique de fact-cheking bi-media : télévision et web.

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Faire payer les données publiques est une grosse bêtise

L’octroi signifie verrouillage des données ©fensterbme via Flickr.com

Faire payer l’accès aux données publiques, en finir avec l’open-data. Voici la brillante idée d’Olivier Schrameck, l’ancien sherpa de Lionel Jospin et actuel membre de la Commission sur la rénovation et la déontologie de la vie publique. 

En ces temps de bouclage budgétaire difficile, c’est la dernière astuce du gouvernement pour récupérer un peu de sous. Il y va aussi de la morale publique, puisqu’un bien public, non-rival et non-exclusif, ne saurait être offert au privé, sans le consentement de ses usufruitiers, j’ai nommé nous, les citoyens.

Il ne faudrait pas que ce bien public exploité par le privé tarisse la source et conduise à privilégier certains publics (ceux qui paient) au détriment des autres.

Première objection à cet argument : on ne voit pas bien en quoi cela concerne les données qui par nature sont illimitées, et qui actuellement ne produisent de bénéfice que pour de rares apparatchiks de l’administration.

Par ailleurs, il y a la théorie, les grands principes auxquels la raideur protestante jospinienne sied si bien. Et puis, il y a la réalité, le pragmatisme moins vaniteux, parfois un peu piteux, et généralement plus efficace. Louis XI versus Charles VIII, son fils.

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Les grands groupes médias peuvent-ils encore innover ?

Crédits photo © : Advocate Hypermedia Teleportd, WedoData

Hier soir à la Cantine avait lieu une conférence intitulée « quelles synergies entre start-ups et groupes médias ». Une salle bondée, un animateur charismatique, des intervenants de qualité… Ce que je retiens de cette soirée.

POURQUOI LANCER UNE START-UP ?

Pour avoir la liberté de créer, pour se libérer des pesanteurs d’une grosse structure, pour sortir le nez du guidon (« eh, il faut boucler le mag, dis, y’a un hors série à faire… » et avoir à nouveau le temps d’inventer et de se faire plaisir.

C’est en substance la motivation des jeunes entrepreneurs réunis ici, de Karen Bastien (WedoData), à Yann Gueguan (Rue89) en passant par les jeunes Léon Buchard (Téléportd) ou Stanislas de Livonnière (Advocate hypermedia)

LES GROSSES MACHINES, FORCÉMENT IMMOBILISTES ?

Pour Jean-Marc Manach, oui ! Du temps du monde.fr où il travaillait (en 2007), on lui avait simplement interdit d’insérer un lecteur Youtube dans une page web. Il a bravé l’interdiction, et fini par convaincre sa hiérarchie de l’intérêt de la chose, mais que de résistances ! (En mon temps chez AOL, c’était le service juridique qu’il avait fallu outrepasser pour pouvoir embarquer des séquences vidéo).

Corinne Denis, directrice des nouveaux médias de l’Express Roularta, se souvient de l’époque où elle bataillait en interne pour promouvoir le media Internet. Depuis son message a porté et certains, issus du web, ont pris du grade. Mais, elle comprend toutefois le point de vue des dirigeants : difficile d’investir dans des secteurs non rentables, plus naturel de se reposer sur ce que l’on connaît et qui rapporte de l’argent.

On dit que le rendement publicitaire est de 1 sur 100 entre la presse et Internet et de 1 sur 10 entre la pub web et la pub mobile… « Chez les journaux papiers, plus on peut retarder l’échéance du numérique, mieux on se porte ». Raison pour laquelle le groupe a préféré externaliser l’innovation à travers Express Ventures ? Cet incubateur de start-ups finance 10 projets par an sur trois ans.

Du côté de France-Télévisions, Eric Scherer se montre plus dur. Les résistances au changement sont partout ! Du côté des dirigeants, des journalistes et techniciens que la nouvelle donne bouscule… Le responsable de l’innovation du groupe télévisé a l’air fatigué. Il raconte ce moment où il évoquait la délinéarisation future du JT.

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