Journalisme en mutation : six leçons à retenir du Journocamp, les "bidouilleurs" de l’info

Rubik's cube journocamp Google - ©Journocamp

Eloge du plaisir de la complexité chez Google aussi – ©Journocamp

Le 3 avril 2014 a eu lieu le Journocamp, premier barcamp français de journalistes (mais pas que) dans les locaux de Google, à Paris. Une centaine de membres de la communauté Google+ des « journalistes qui tâtent un peu des outils modernes » se sont retrouvés pour échanger conseils et bonnes pratiques à propos des nouveaux outils, formats ou tendances éditoriales. Voici ce que j’en retiens.

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Redonner de la valeur aux contenus éditoriaux : le nouveau mix marketing

Collecter le meilleur des infos et des contenus...

collecter le meilleur des infos et des contenus… Crédit photo : ecatoncheires via Flickr.com

Submergés de contenus en permanence, stimulés tout le temps et partout, notre accoutumance nous rend plus hermétiques que jamais aux sollicitations éditoriales. Voici quelques recettes et grands principes que j’invite médias et marques à respecter pour avoir une chance d’attirer le lecteur et le fidéliser.

Nous sommes de fait littéralement submergés d’infos, et tellement courtisés par les médias et les marques pour récupérer un peu de notre attention, que cet exercice devient de plus en plus compliqué. Il passe d’abord par le respect des règles élémentaires de la communication et du journalisme : des infos justes, clairement exprimées et hiérarchisées.

Sur ce dernier point les emballements médiatiques de plus en plus récurrents nous interpellent et nous inquiètent. La recherche d’audience, de couverture, d’attention conduit à en faire trop, trop longtemps, même quand on n’a rien à dire.

Cette occupation indue du « temps de cerveau disponible » par des contenus vides ne crée pas de bénéfice réel ni durable pour le lecteur qui tôt ou tard va se lasser de cette vacuité. On le pressent déjà avec le déclin inéluctable de la télé-réalité en France, d’où les difficultés actuelles que traverse Endemol.

Or, il n’y a pas de salut hors le fameux bénéfice lecteur qui est pluriel.

Je me suis permis de réinterpréter les fameux 4P du marketing (produit, prix, place, promotion) autour de cette notion élargie de service au lecteur : Plaisir, Pratique, Pensée et Partage. Une combinaison subtile de tous ces ingrédients dans des proportions différentes selon les angles, les sujets et plus ou moins adaptés aux cibles. Un mélange délicat qui constitue ce qu’on appelle une ligne éditoriale et qui peut être cohérente ou déséquilibrée, selon le talent de funambule du rédacteur en chef…

Bonne lecture ! Et n’hésitez pas à me faire part de vos objections, remarques, critiques éventuelles. Ceci est une réflexion personnelle qui ne prétend évidemment pas à l’universalité 🙂

PS : cette présentation (enrichie) est issue de la Master class réalisée pour l’école SciencesCom de Nantes le 9 janvier 2014.

Cyrille Frank

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Crédit photo : ecatoncheires via Flickr.com

« Tireur fou » : fin de cavale pour les médias un peu flous

L'information folle et floue - ©eole via Flickr.com

L’information folle et floue – ©eole via Flickr.com

Le « tireur fou » a donc été arrêté hier soir, mercredi 20 novembre, après cinq jours de cavale et de rebondissements divers. Fin d’un nouvel emballement médiatique à propos duquel, je tire cinq leçons.

 

1- Le traitement à chaud, l’info en continu conduisent à la précipitation, à des erreurs

Rien que de très classique. Dès le début de l’histoire, les faits relatés sont confus. L’homme qui a pénétré dans le hall de BFM a-t-il tenté de tirer ou non ? A-t-il seulement cherché à intimider ses interlocuteurs en laissant tomber deux cartouches et en criant « la prochaine fois, je ne vous raterai pas »? Ou son arme s’est-elle enrayée, ceci expliquant qu’il abandonne rageusement son projet ? Ces différents sons de cloche me laissent toujours perplexe.

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La qualité des contenus ne suffira pas à sauver la presse

 

La qualité ne suffira pas à sauver la presse ©zarkodrincic vis Flickr.com

La qualité ne suffira pas à sauver la presse ©zarkodrincic vis Flickr.com

Du 5 au 7 novembre 2013 se sont tenues à Metz les 7e Assises du journalisme autour du thème « réinventons le journalisme ». Une formulation qui laisse entendre que les contenus proposés ne sont plus adaptés à la demande des lecteurs, ce qui n’est qu’un aspect du problème et sans doute pas le principal.

Pour Edwy Plenel, créateur de Médiapart et Patrick de Saint Exupéry, qui a lancé le magazine XXI, il ne s’agit pas tant de réinventer le journalisme que de revenir à ses sources. L’investigation, le reportage au long cours, la profondeur… Autant de gages de qualité selon eux, seuls susceptibles de convaincre des acheteurs.

Car c’est aussi l’un des messages forts d’Edwy Plenel depuis longtemps : le bon journalisme ne peut être gratuit, car il coûte cher à produire. Par ailleurs, rien n’est jamais gratuit et comme dirait l’autre : « si le produit est gratuit, c’est que le produit, c’est vous ». De fait, le modèle fremium en matière d’actualité sur le web s’est brisé sur la redondance de l’information, sur la concurrence de l’offre et la chute consécutive des tarifs publicitaires.

Les deux figures du journalisme à l’ancienne, forts de leurs résultats probants, invitent donc triomphalement l’ensemble de la presse à les imiter et à reprendre leurs méthodes : une presse citoyenne exigeante, sérieuse (et chère).

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Réseaux sociaux : avoir une stratégie éditoriale n’est pas une option

Capter l’attention du lecteur est une véritable gageure aujourd’hui. Celui-ci est bombardé en permanence de contenus et sollicitations diverses. Voilà pourquoi, il est nécessaire de bâtir une stratégie éditoriale, pour se distinguer de la concurrence et tâcher d’émerger sur les réseaux sociaux. Méthodologie.

Méthodologie présentée lors du LabCom à l’ESG du 4 juillet 2013
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Journalistes, réjouissons-nous, les machines nous piquent notre job !

Crédit photo ©Randychiu via Flickr

Crédit photo ©randuchiu via Flickr 

Les outils d’optimisation éditoriale se multiplient, les algorithmes de recommandation de contenus s’améliorent. Même l’écriture d’articles s’automatise… Il est temps de repenser le rôle des producteurs de contenus, face à cette sérieuse concurrence technologique.

La combinaison du cloud, de la mobilité et de la puissance de calcul bouleversent profondément les métiers de l’information. Les fameux algorithmes de traitement de l’information, de plus en plus performants sur le plan sémantique, sont désormais capables d’agréger des contenus de manière automatique, voire même, d’écrire tout seuls !

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Presse et contenus en ligne : les défis de la monétisation (2/2)

Accueil table ronde Geste -mediaculture.fr

Accueil table ronde Geste -mediaculture.fr

Suite de cette riche matinée organisée par le Geste jeudi 25 avril dans les locaux de l’Express-Roularta. Les différentes intervenants nous ont livré leurs dix pistes de travail pour mieux monétiser les contenus sur Internet.

1- PROPOSER DES FORMATS PUB INNOVANTS

Face à l’érosion de la publicité display traditionnelle au CPM (laquelle a perdu 55 millions € de chiffre d’affaires en 2012), il faut se montrer imaginatif. Il y a bien sûr les dispositifs « ROI-istes » de type CPC (coût par clic), CPL (coût par lead) ou même CPA (coût par action : vote, partage, like, achat…).

Il y a aussi le marketing éditorial, baptisé aussi « brand-content » ou encore « native advertising » (un terme marketing lui-même soigneusement choisi pour vendre le principe). En gros il s’agit du recyclage plus subtil du publi-rédactionnel de papa.

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Presse et contenus en ligne : les défis de la monétisation (1/2)

Accueil table ronde Geste-mediaculture.fr

Accueil table ronde Geste-mediaculture.fr

Le Geste organisait une série de tables rondes jeudi 25 avril autour de l’évolution des modèles économiques de la presse. Une matinée entamée par David Targy, spécialiste de l’analyse sectorielle, qui a d’abord réalisé un état des lieux chiffré. Avant d’aborder les défis qui attendent la presse en ligne : audience, monétisation, diversification. Première partie du dossier (en 2 articles).

PRESSE EN LIGNE : UN NAIN EN TERMES DE CHIFFRE D’AFFAIRE ET D’EFFECTIFS

Le secteur est assez concentré : il existe plusieurs centaines d’éditeurs, mais seulement une trentaine qui ont un chiffre d’affaires supérieur à 5 millions d’euros. Le top 10 des sites représente 62% du chiffre d’affaire du secteur.

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Désinformation, manipulations… le public est-il son propre bourreau ?

manipulation ©gibbons v/ Flickr.com

manipulation – mediacultures.fr ©gibbons v/ Flickr.com

« Médias : à quoi peut-on se fier » ? Cette question posée par Julien Lecomte dans son ouvrage tombe à pic après le fiasco médiatique de Boston. Erreurs, manipulations, story-telling… Julien passe en revue les différents travers des médias d’information, et comme dans l’exemple de Boston, évoque aussi le rôle non négligeable du public.

La chasse à l’homme des poseurs de bombes de Boston via les réseaux sociaux a pris fin hier 21 avril, avec l’arrestation d’un des deux suspects. Durant près d’une semaine, les fausses informations se sont multipliées sur Twitter ou dans la presse.

Une 3e explosion inventée, une arrestation précoce qui n’avait pas eu lieu, la photo d’un innocent diffusée sur Reddit… On a assisté à une grande confusion de la part des réseaux autant que des médias sur cette histoire. A tel point que le FBI lui-même a demandé à l’agence AP d’être plus prudente.

Cette affaire entre en résonance avec  le propos de Julien Lecomte, agrégé en sociologie des médias, qui a publié récemment « Medias : influence, pouvoir et fiabilité ». Julien examine les risques prêtés aux médias et les passe au tamis des études et de sa réflexion.

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