Information locale : produire des contenus plus accrocheurs et engageants (1/3)

Quels contenus pour séduire le lecteur de presse locale à l’heure de l’infobésité ? C’était l’une des questions auxquelles ont répondu les intervenants du festival de l’info locale, à Nantes les 27 et 28 juin 2019. Formats longs, podcasts, stories, newsgames… Les conférences et débats ont fourmillé d’idées et de conseils.

Dense, riche, concret orienté. Voilà la première impression qui me vient à l’issue de ces deux jours passionnants dans les magnifiques locaux de Sciences Com. Jugez plutôt : près de 70 ateliers, débats ou conférences, 80 intervenants francophones et anglophones… Le tout organisé à un rythme soutenu, sans doute influencé par les Media Speed Training organisés par le même Ouest Medialab tous les ans.

Il valait donc mieux ne pas traîner dans les couloirs entre chaque session, pour ne rien rater ! Et avoir bien fixé ses priorités car trois événements avaient lieu simultanément.

La bonne idée des organisateurs : concevoir la programmation en cinq thèmes qui touchaient aux différentes problématiques des médias (et pas que l’aspect éditorial) :

  • Développer ses contenus
  • Interagir avec le public
  • Animer ses équipes
  • Monétiser ses contenus
  • Diversifier ses activités

PREMIER VOLET : LES CONTENUS ET FORMATS ACCROCHEURS ET ENGAGEANTS 

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Le journalisme de solutions : réconcilier les lecteurs avec l’actualité est une urgence !

Le journalisme de solutions est devenu une nécessité démocratique et économique pour renouer le lien avec les lecteurs. Ce n’est pas une édulcoration du monde, encore moins le “journal des bonnes nouvelles”.

Le journalisme de solutions, autrement appelé constructif ou d’impact, est l’une des réponses nécessaires de la profession. Celle-ci fait face à un danger particulièrement inquiétant : le désintérêt croissant vis à vis de l’actualité.

Le Reuters Institute, dans son étude annuelle de 2019 (étude pdf), a interrogé pas moins de 75.000 personnes dans 38 pays. 32% d’entre elles, évitent régulièrement ou parfois les actualités, un chiffre en augmentation de trois points depuis deux ans.

Rapport Reuters 2019

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Innovation média : huit moteurs et freins majeurs

Ouest Médialab organisait le 18 septembre 2018 son 5e Speed Training à Nantes dans les magnifiques locaux de l’école Audencia. L’occasion d’échanger quelques idées avec Nicolas Becquet lors d’un débat portant sur les moteurs et freins de l’innovation dans les médias.

Nicolas, manager des supports numériques à L’Echo, et moi-même sommes d’emblée tombés d’accord sur ce premier constat : s’il y a des ingrédients favorables, il n’y pas de recette universelle. Il appartient à chaque support de trouver SA recette, son organisation, son dosage efficaces.

Ceci complique la tâche, car il faut tâtonner un peu, tester différentes choses, avant de  trouver le mode fonctionnement idéal. Loin des martingales faciles importées parfois des grands journaux et magazines – tels le New York Times – aux moyens, contextes, organisations pourtant très éloignés des nôtres

Il y a néanmoins des facteurs clés qui facilitent cette innovation. J’ai recensé les huit principaux, à mon sens.

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Médias : votre survie ne dépend que de la confiance, et il y a danger…

Les médias en ligne – petits ou grands – ont organisé le 14 décembre 2017, leur raout annuel à la Gaîté lyrique. Y a soufflé un vent d’optimisme, même si subsistent des difficultés et des questions sur le financement de l’information, la participation en berne ou la prolifération des “fake-news”.

La 8e édition du JPEL, j’épelle “journée de la presse en ligne” s’est donc tenue à Paris, à l’initiative du Spiil, le syndicat de la presse d’information indépendante en ligne, ouf, fin des acronymes indigestes.

J’y ai senti un frémissement. Le métier d’éditeur en ligne est toujours dur, mais il y a quand même du mieux. Et disons-le clairement : c’est le changement de modèle qui en est la cause.

Pendant longtemps, nous avons cru – je m’inclue évidemment dans le lot, comme co-créateur du défunt quoi.info devenu caminteresse.fr – que la publicité pourrait financer l’information en ligne, comme elle l’a fait très longtemps sur le papier, et continue de le faire en télévision.

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Théories du complot : pourquoi elles persistent (voire se développent) ?

©Victoria Nevland en CC via Flickr.com

©Victoria Nevland en CC via Flickr.com

A l’occasion du 15e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, j’ai constaté que le complotisme se portait bien. Comment expliquer cela, à l’heure où les moyens de s’informer n’ont jamais été si faciles d’accès ?

Il faut d’emblée préciser qu’il y a des raisons objectives au développement de celles-ci, comme je l’explique dans mon article les théories du complot ne sont pas totalement irrationnelles

Les électeurs, citoyens, lecteurs doutent de plus en plus de leurs dirigeants, et pour cause ! On leur a menti très souvent : Guerre du Golfe “propre”, fausses armes de destruction massives en Irak, le nuage de Tchernobyl qui s’arrête aux frontières… Il suffit pour s’en convaincre de lire l’histoire secrète de la Ve République qui rappelle tous les scandales d’Etat plus ou moins connus. Les politiques paient ainsi le prix de leurs mensonges récurrents aux citoyens. Oui, la raison d’Etat a été utilisée de nombreuses fois pour cacher des informations aux citoyens, et évidemment pas que pour “l’intérêt supérieur de la nation”. Sur une tentative de manipulation révélée (le Watergate), combien restées ignorées ? 

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Producteurs de contenus, parlez moins, écoutez plus !

Medias et producteurs de contenus, écoutez vos lecteurs !

©stankus en CC via flickr.com

Les producteurs de contenus devraient exploiter mieux les données de leurs lecteurs, en amont et en aval de la production. Pour améliorer la qualité éditoriale, mais aussi pour mieux monétiser leur travail.

1- ECOUTER DAVANTAGE, POUR PRODUIRE DES CONTENUS PLUS PERTINENTS

La plupart des marques, médias ou institutions se servent des réseaux sociaux comme d’un nouveau canal de diffusion. Difficile de perdre ses habitudes de locuteur unidirectionnel descendant !

Ils oublient que les plateformes sociales sont aussi un formidable observatoire des besoins utilisateurs. Et un moyen d’améliorer la qualité du service, comme l’a bien compris Starbucks, par exemple. La célèbre marque de café interroge régulièrement ses clients pour développer de nouveaux produits.

Les réseaux sociaux sont un endroit idéal pour pratiquer “l’information à la demande”, via sondages ou appels à questions. C’est ce que font les Décodeurs du Monde avec un système de vote, pour identifier les questions les plus récurrentes.

Voilà un bon moyen de faire d’une pierre deux coups, puisque cela décuple aussi le pouvoir de diffusion des contenus, comme j’ai pu le vérifier ici ou .

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