Quantified self, Big Data… l’obsession de la maîtrise

L'obsession du contrôle - Mediaculture / ©David Jones via Flickr.com

L’obsession du contrôle – Mediaculture / ©David Jones via Flickr.com

Les données vont nous permettre d’être plus malins, plus cultivés, plus en forme. Ce sont les promesses affichées de ces nouvelles tendances du “quantified self” et du Big data. Une étape de plus du progrès humain qui traduit aussi l’infusion de l’idéologie libérale.

Un tableau de bord intelligent de sa propre vie, sa santé, son humeur, sa culture générale… voilà ce que proposent les gadgets de l’Internet des choses. Du bracelet intelligent qui mesure notre pouls, notre dépense énergétique ou notre vitesse de respiration,  à celui qui calcule notre influx nerveux pour corriger notre humeur et notre état d’esprit… L’ambition des créateurs de ces nouveaux objets du quotidien est de faire de nous des êtres “meilleurs”.

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Journalistes, réjouissons-nous, les machines nous piquent notre job !

Crédit photo ©Randychiu via Flickr

Crédit photo ©randuchiu via Flickr 

Les outils d’optimisation éditoriale se multiplient, les algorithmes de recommandation de contenus s’améliorent. Même l’écriture d’articles s’automatise… Il est temps de repenser le rôle des producteurs de contenus, face à cette sérieuse concurrence technologique.

La combinaison du cloud, de la mobilité et de la puissance de calcul bouleversent profondément les métiers de l’information. Les fameux algorithmes de traitement de l’information, de plus en plus performants sur le plan sémantique, sont désormais capables d’agréger des contenus de manière automatique, voire même, d’écrire tout seuls !

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Désinformation, manipulations… le public est-il son propre bourreau ?

manipulation ©gibbons v/ Flickr.com

manipulation – mediacultures.fr ©gibbons v/ Flickr.com

“Médias : à quoi peut-on se fier” ? Cette question posée par Julien Lecomte dans son ouvrage tombe à pic après le fiasco médiatique de Boston. Erreurs, manipulations, story-telling… Julien passe en revue les différents travers des médias d’information, et comme dans l’exemple de Boston, évoque aussi le rôle non négligeable du public.

La chasse à l’homme des poseurs de bombes de Boston via les réseaux sociaux a pris fin hier 21 avril, avec l’arrestation d’un des deux suspects. Durant près d’une semaine, les fausses informations se sont multipliées sur Twitter ou dans la presse.

Une 3e explosion inventée, une arrestation précoce qui n’avait pas eu lieu, la photo d’un innocent diffusée sur Reddit… On a assisté à une grande confusion de la part des réseaux autant que des médias sur cette histoire. A tel point que le FBI lui-même a demandé à l’agence AP d’être plus prudente.

Cette affaire entre en résonance avec  le propos de Julien Lecomte, agrégé en sociologie des médias, qui a publié récemment “Medias : influence, pouvoir et fiabilité”. Julien examine les risques prêtés aux médias et les passe au tamis des études et de sa réflexion.

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Photo numérique : déplacement social et négation de la mémoire

La foule photographe ©NBC News

La foule photographe ©NBC News

Hier, place Saint-Pierre de Rome, la foule se pressait pour immortaliser ce balcon papal, à l’aide de son smartphone ou de sa tablette. “Immortaliser”, le terme en dit long sur l’une des motivations fortes qui nous anime, photographes compulsifs. Elle n’est pas la seule.

Cette photo (merci à Jérémie Clévy de l’avoir twittée), aussi incroyable qu’édifiante, témoigne de la généralisation des appareils mobiles et du réflexe de l’enregistrement visuel permanent (même si la comparaison est douteuse, la tendance est réelle). Ici, le moment est historique, c’est pourquoi le réflexe est général, mais cette photo révèle bien d’autres choses encore sur notre société et nos besoins.

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Comment les médias accentuent la marchandisation des relations sociales

Au coin le gratuit... ©ansik via Flickr.com

Au coin le gratuit… ©ansik via Flickr.com

Notre société, sous l’effet du capitalisme et de la mondialisation a modifié notre rapport aux autres. Le lien qui nous unit à autrui est de moins en moins gratuit et traduit au plan personnel, ce qui se produit à l’échelle des pays : la grande compétition. La maîtrise de la communication, elle, devient un critère de sélection plus important que jamais.

LA COMPÉTITION SOCIALE, PLUS FORTE QUE JAMAIS

Nous vivons dans une société de compétition larvée. Larvée, car si rien n’est bien franc, on est confronté en permanence, à un combat de boxe impitoyable. Les règles sont peu claires, peu effrayantes, et donc, d’autant plus traîtres.

Avant même que nous ayons ouvert la bouche, nous sommes jaugés et jugés. Le prix des vêtements que nous portons, les codes couleurs plus ou moins respectueux d’une harmonie classique, le respect de la mode la bonne culture n’existe pas (revues, créateurs de mode…). Jusqu’à la qualité et le niveau d’entretien de nos chaussures… Tout cela trahit notre niveau économique et social, par la maîtrise de codes mouvants qui constituent, par leur subtilité, une séries d’épreuves tacites de sélection.

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Pourquoi “l’info-socialisation” nous éloigne du bonheur

L'important, c'est le chemin ©rawhead sur Flickr.com

L’important, c’est le chemin ©rawhead sur Flickr.com

Dans la vie, ce qui compte, c’est le chemin, pas la destination. A ne pas saisir cela, nous gâchons notre bonheur. Mais “vivre l’instant présent” n’est qu’une formule. Et de moins en moins facile dans notre société “info-socialisée”.

Notre existence est tragique car nous sommes condamnés à ne pas savoir ni d’où nous venons, ni où nous allons, ni à quelle fin. Notre curiosité existentielle est irrémédiablement vouée à la frustration. La seule chose sur laquelle nous ayons un peu prise, c’est cette parenthèse entre deux néants : les instants que nous vivons.

Or, nous passons notre temps à nous projeter dans l’instant d’après : “quand ce cours de maths sera fini, je me précipiterai à la cantine; quand nous aurons franchi ce bosquet, nous pourrons nous reposer; quand mes enfants seront grands, nous voyagerons; quand je serai à la retraite, je me mettrai à la photo…”. Englués dans nos échéances, nos projections, nos objectifs, nous oublions que le seul but de notre existence, c’est d’essayer de profiter du voyage.

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Comment ne pas sombrer sous l’information ?

 

Le flot continu de l'info - Crédit ©steeljam via flickr.comLe flot continu de l'info - Crédit ©steeljam via flickr.com

Le flot continu de l’info – Crédit ©steeljam via flickr.com

Nous n’avons jamais eu autant de sources d’information à notre disposition. Des dizaines de chaînes de télé, des encyclopédies en ligne, des journaux gratuits sur Internet. Pourtant l’impression de confusion générale domine. Sauf pour ceux qui savent s’organiser et utiliser les bons outils…

Le temps passé devant la télé augmente et représentait 3h47 par jour en 2011, soit 15 minutes de plus que l’année précédente. Ceci grâce notamment à la multiplication des contenus (TNT, câble, satellite…) et des supports de réception : télé mais aussi ordinateur, mobile, tablettes… Nous, Français, possédons d’ailleurs en moyenne pas moins de 5 écrans par foyer

Tout est fait pour nous pousser à consommer : les chaînes thématiques répondent désormais aux passions de chacun et à la fragmentation des publics. La télé de rattrapage par box ADSL ou sur Internet (de type Pluzz ou M6 Replay) permet de revoir ce qu’on a raté, par manque de disponibilité.

Les émissions privilégient plus que jamais le direct, l’émotion et le spectacle. Les experts du petit écran rivalisent d’ingéniosité pour capter notre attention de plus en plus rare, en dépit d’une légère progression de notre temps de loisir (4h58 en 2010, soit 7 minutes de plus qu’en 1999).

Après la télé-réalité, c’est désormais au tour de la scripted réality de nous plonger dans des univers immersifs à pas cher, en attendant les programmes interactifs et transmedia, initiés en France par “Plus belle la vie”

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La « bonne » culture n’existe pas

La mauvaise culture

La mauvaise culture

Une partie de la culture, confisquée par les élites et la société des clercs, respecte une norme fondée sur des choix “classiques” issus de la culture scolaire. Cette hiérarchie est acceptée inconsciemment par les classes plus modestes qui subissent ainsi une forme de violence symbolique.
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