Lex Google : la presse a-t-elle encore besoin de papa-Etat ?

Sous le péage, la plage ©emmanuelfrezzotti sur Flickr.com

Les syndicats de la presse quotidienne nationale et magazine (SPQN et SEPM) veulent taxer Google. Regroupés au sein de l’association Presse d’information politique et générale (IPG), ils promeuvent l’idée d’une redevance dont Google devrait s’acquitter pour pouvoir référencer leurs articles. 

Ces éditeurs de presse militent pour la mise en place d’un «droit voisin», en cas d’utilisation même indirecte de leurs travaux. Ils estiment que le moteur capte l’essentiel de la valeur qu’ils créent et souhaitent donc une plus grande part du gâteau.

ERRATUM : Le geste (groupement des éditeurs de services en ligne), bien qu’il soit favorable à un meilleur partage de la valeur, lui, ne s’associe pas à cette proposition de taxe.

Les éditeurs parlent bien de Google News ET Google. Le premier est l’agrégateur de news qui référence un certain nombre de sites d’actualité. Lorsque vous faites une recherche par mots clés, le moteur vous propose parmi les premiers résultats, des liens vers ces articles, provenant de cette rubrique spécifique Google News.

 

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Aides à la presse : il est grand temps de remettre tout à plat…

 

Il est l’or de faire les comptes – ©27117418@N07 via flickr.com

Comment  rendre les aides à la presse plus justes et efficaces ? C’était l’objet principal de la 3e journée de la presse en ligne, le 19 octobre 2012. Un événement organisé par le Spiil, le syndicat de la presse indépendante d’information en ligne. 

L’aide à la presse en France ne date pas d’hier. Une bonne part du système remonte à la Libération et ses fameuses ordonnances de 1944. Il s’agissait alors d’une refondation profonde de la presse destinée à assurer son indépendance à l’égard des pouvoirs d’argent et du politique. L’idée était aussi de garantir le pluralisme de l’information.

D’où la création à l’époque de l’AFP, une coopérative d’information financée en partie par ses membres, en partie par l’Etat, et dont la représentation paritaire assurait son indépendance théorique. D’où également la mise en place d’une aide de l’Etat à la presse d’Information générale, celle qui remplit une mission citoyenne coûteuse qui consiste à enquêter, vérifier l’information, envoyer des journalistes sur place…

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Editeurs de contenus, si vous cessiez de vous faire phagocyter par Google et Facebook ?

Le gui, parasite du chêne, en Klein d’oeil – Crédit photo: martinlabar via Flickr.com

Facebook a modifié son algorithme Edgerank. Ce dernier filtre les publications qui s’affichent sur le mur des abonnés d’une page fan. Désormais, sont privilégiés ceux qui suscitent le plus de likes, de commentaires, de partages…

Comme l’explique lemonde.fr dans une tribune, ceci est une prime aux contenus les plus insolites, les plus « fun », les plus « émotionnels ». Le Monde, journal de référence refuse donc cette tentative d’inflexion de sa ligne éditoriale.

La qualité socio-économique de son lectorat, qui se vend plus cher que la moyenne, met peut-être lemonde.fr économiquement à l’abri d’une légère baisse d’audience. Mais les concurrents qui le talonnent et ne cherchent qu’à le détrôner, réagiront-ils de la même manière ? La guerre fait rage pour intégrer le top 5 des sites d’info les plus fréquentés, car ici se concentre une bonne part du gâteau publicitaire…

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Google a-t-il tué le cyberflâneur ?

Evgeny Morozov constate avec justesse la mort du cyberflâneur. Fini les déambulations gratuites et aléatoires sur la toile. Tout comme le flâneur pédestre du XIXe s qui a disparu de nos villes. Le temps est à l’efficacité, à la performance, à l’action.

L’article de l’excellent InternetActu déplore donc la fin du cyberflâneur, tout comme celle du BB, le bourgeois badaud, qui était le summum du raffinement urbain au XIX s. Bon, on pourra d’abord minorer un peu cette perte qui ne concernait alors qu’une toute petite élite.
A l’époque, les riches vivaient entre eux dans des pensions, se déplaçaient en fiacres et faisaient de long voyages chez les sauvages pour vérifier la supériorité incontestable de la civilisation occidentale. Pas sûr que ce mode de vie soit nécessairement digne d’admiration ni de nostalgie.

Mais le parallèle a surtout le mérite de mettre le doigt sur la disparition progressive de l’internaute promeneur et de révéler selon moi, des aspects profonds de notre époque.

LE MOT CLÉ A TUÉ LE FLÂNEUR

A bien y réfléchir, c’est la recherche par mot-clé qui a tout changé. L’efficacité de l’outil a une conséquence directe : on trouve ce qu’on est venu chercher, mais pas plus. Terminé les ballades interminables dans les encyclopédies qui repoussaient de plusieurs heures la réalisation de nos exposés. Au revoir les annuaires de classement des sites Yahoo, qui par leur inégale efficacité, nous forçaient à fureter, explorer, voyager…

L’analogie avec le voyage ne s’arrête pas là. Pour les grands voyageurs, il faut savoir se perdre pour faire de vrais découvertes. Mais justement, aujourd’hui il ne faut surtout pas se perdre. Notre besoin de contrôle, notre désir de sécurité, notre volonté de ne pas « perdre de temps » font que l’on planifie de plus en plus. C’est vrai que nous organisons nous-mêmes les choses, ce qui est déjà un progrès par rapport aux voyages organisés des années 70, 80. Il n’empêche, l’efficacité annule la surprise.

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Google a-t-il tué le cyberflâneur ?

Evgeny Morozov constate avec justesse la mort du cyberflâneur. Fini les déambulations gratuites et aléatoires sur la toile. Tout comme le flâneur pédestre du XIXe s qui a disparu de nos villes. Le temps est à l’efficacité, à la performance, à l’action.

L’article de l’excellent InternetActu déplore donc la fin du cyberflâneur, tout comme celle du BB, le bourgeois badaud, qui était le summum du raffinement urbain au XIX s. Bon, on pourra d’abord minorer un peu cette perte qui ne concernait alors qu’une toute petite élite.
A l’époque, les riches vivaient entre eux dans des pensions, se déplaçaient en fiacres et faisaient de long voyages chez les sauvages pour vérifier la supériorité incontestable de la civilisation occidentale. Pas sûr que ce mode de vie soit nécessairement digne d’admiration ni de nostalgie.

Mais le parallèle a surtout le mérite de mettre le doigt sur la disparition progressive de l’internaute promeneur et de révéler selon moi, des aspects profonds de notre époque.

LE MOT CLÉ A TUÉ LE FLÂNEUR

A bien y réfléchir, c’est la recherche par mot-clé qui a tout changé. L’efficacité de l’outil a une conséquence directe : on trouve ce qu’on est venu chercher, mais pas plus. Terminé les ballades interminables dans les encyclopédies qui repoussaient de plusieurs heures la réalisation de nos exposés. Au revoir les annuaires de classement des sites Yahoo, qui par leur inégale efficacité, nous forçaient à fureter, explorer, voyager…

L’analogie avec le voyage ne s’arrête pas là. Pour les grands voyageurs, il faut savoir se perdre pour faire de vrais découvertes. Mais justement, aujourd’hui il ne faut surtout pas se perdre. Notre besoin de contrôle, notre désir de sécurité, notre volonté de ne pas « perdre de temps » font que l’on planifie de plus en plus. C’est vrai que nous organisons nous-mêmes les choses, ce qui est déjà un progrès par rapport aux voyages organisés des années 70, 80. Il n’empêche, l’efficacité annule la surprise.

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