Les instruits toujours mieux informés, pour les autres, il y a Facebook et Hanouna

En 2010, je dénonçais l’apparition de chapelles d’information réservées aux élites instruites, les “ghettos culturels” de riches. Sept ans plus tard, l’inégalité d’accès à l’information s’est encore accentuée.

L’information de qualité est désormais sous clef

L’ère du tout gratuit de l’information a vécu, avec la fin du mythe du financement unique par la publicité. Il ne reste guère que quelques titres en ligne comme 20 minutes pour proposer un accès entièrement gratuit à leurs contenus.

En France, 95% des quotidiens et hebdos sont passés en payant ou en modèle mixte (une partie des articles gratuits, une partie payante). C’est ce que révèle cette étude 2017 du Reuters Institute.

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Double-vérification : pourquoi les journalistes doivent absolument la respecter

douible vérification journalistique

©Andrei Zverev en CC v/ flickr.com

La double-vérification de l’information est l’une des règles de base les plus importantes du journalisme. La vitesse croissante de l’information, en partie liée à l’irruption des réseaux sociaux, bouscule hélas, ce sacro-saint principe.

« Ton info est-elle confirmée par une autre source » ? Ce precept elle l’un des plus fréquemment rabâchés en école de journalisme. L’un des piliers du métier qui ne tolère pas d’exception, ou presque.

Avant d’être claire, précise ou rapidement diffusée, l’information doit être juste. Cela semble évident et pourtant, ce principe n’est pas toujours appliqué, ni applicable, vu l’organisation des rédactions.

D’abord, il y a une confiance par délégation d’autorité auprès de l’AFP. Celle-ci produit une part importante des news pour l’ensemble de la presse et des médias. L’agence propose chaque jour des milliers de dépêches, photos et autres infographies, qui sont reprises telles quelles, par leurs clients.

Les médias ne peuvent remettre en cause la fiabilité des informations de l’AFP, ils n’en ont pas les moyens. Voilà pourquoi, la moindre erreur de l’AFP a des conséquences dramatiques sur l’ensemble des informations du pays.

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Les journalistes papier ne sont pas (tous) des dinosaures qui refusent d’évoluer

Crédit photo : Emraya via Flickr.com

Dinosaures de papier – Crédit photo : Emraya via Flickr.com

Je forme les groupes médias aux techniques web depuis plusieurs années. Au cours de mes interventions, j’ai constaté souvent le fossé culturel qui sépare journalistes et direction. Pour celle-ci, généralement, si les journalistes rechignent à évoluer vers le bi-média, c’est par résistance au changement ou fainéantise. La réalité est toute autre.

Lorsque j’arrive dans une rédaction, ou un groupe média, c’est pour expliquer concrètement comment se pratique le journalisme sur Internet ou sur les supports digitaux. Comment écrire sur le web ou le mobile, comment enrichir l’information avec du multimédia ou des infographies, comment gérer sa communauté, se servir des réseaux sociaux, de la tablette, des outils collaboratifs… Bref, je débarque avec une tonne de bonnes pratiques pour créer de l’audience, de la fidélisation et donc de la valeur pour le lecteur et l’entreprise.

Mais, le fait est que je déboule aussi avec beaucoup de travail en plus. L’accueil n’est donc pas toujours des plus chaleureux, en dépit de mon charisme et ma légendaire bonne humeur (oui, je pratique aussi la méthode Coué).

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Journalisme sportif en télévision : les 10 commandements

Les 10 commandements du journaliste télé sportif

Et toi, tu les connais tes tables ? ©Léo Reynolds en CC via Flickr.com

Etre journaliste sportif en télévision requiert des compétences linguistiques poussées et une culture générale très vaste. Voici les 10 règles les plus importantes.

1- Utilise un maximum d’anglicismes

C’est comme les chansons des Beatles : comme on comprend rien, ça sonne plus classe. Domination culturelle volontairement acceptée, violence symbolique dirait Bourdieu.

“Le coach” : entraîneur. Bah oui, la langue française, c’est mieux que les applis Apple : il y a un mot pour ça.

“Hat trick” : en français, “coup du chapeau”, soit trois buts réalisés par un même joueur au cours de la même partie. Et quand y’en a pas, on peut crier “Pas d’triiiiick” ? #memepashonte

“Supersub” : remplaçant de luxe. On entre ici sur les terres du grand jargon jargoneux pour footeux exigeant. De quoi fiche le seum’, méchant.

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Journalisme en mutation : six leçons à retenir du Journocamp, les "bidouilleurs" de l’info

Rubik's cube journocamp Google - ©Journocamp

Eloge du plaisir de la complexité chez Google aussi – ©Journocamp

Le 3 avril 2014 a eu lieu le Journocamp, premier barcamp français de journalistes (mais pas que) dans les locaux de Google, à Paris. Une centaine de membres de la communauté Google+ des « journalistes qui tâtent un peu des outils modernes » se sont retrouvés pour échanger conseils et bonnes pratiques à propos des nouveaux outils, formats ou tendances éditoriales. Voici ce que j’en retiens.

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Redonner de la valeur aux contenus éditoriaux : le nouveau mix marketing

Collecter le meilleur des infos et des contenus...

collecter le meilleur des infos et des contenus… Crédit photo : ecatoncheires via Flickr.com

Submergés de contenus en permanence, stimulés tout le temps et partout, notre accoutumance nous rend plus hermétiques que jamais aux sollicitations éditoriales. Voici quelques recettes et grands principes que j’invite médias et marques à respecter pour avoir une chance d’attirer le lecteur et le fidéliser.

Nous sommes de fait littéralement submergés d’infos, et tellement courtisés par les médias et les marques pour récupérer un peu de notre attention, que cet exercice devient de plus en plus compliqué. Il passe d’abord par le respect des règles élémentaires de la communication et du journalisme : des infos justes, clairement exprimées et hiérarchisées.

Sur ce dernier point les emballements médiatiques de plus en plus récurrents nous interpellent et nous inquiètent. La recherche d’audience, de couverture, d’attention conduit à en faire trop, trop longtemps, même quand on n’a rien à dire.

Cette occupation indue du « temps de cerveau disponible » par des contenus vides ne crée pas de bénéfice réel ni durable pour le lecteur qui tôt ou tard va se lasser de cette vacuité. On le pressent déjà avec le déclin inéluctable de la télé-réalité en France, d’où les difficultés actuelles que traverse Endemol.

Or, il n’y a pas de salut hors le fameux bénéfice lecteur qui est pluriel.

Je me suis permis de réinterpréter les fameux 4P du marketing (produit, prix, place, promotion) autour de cette notion élargie de service au lecteur : Plaisir, Pratique, Pensée et Partage. Une combinaison subtile de tous ces ingrédients dans des proportions différentes selon les angles, les sujets et plus ou moins adaptés aux cibles. Un mélange délicat qui constitue ce qu’on appelle une ligne éditoriale et qui peut être cohérente ou déséquilibrée, selon le talent de funambule du rédacteur en chef…

Bonne lecture ! Et n’hésitez pas à me faire part de vos objections, remarques, critiques éventuelles. Ceci est une réflexion personnelle qui ne prétend évidemment pas à l’universalité 🙂

PS : cette présentation (enrichie) est issue de la Master class réalisée pour l’école SciencesCom de Nantes le 9 janvier 2014.

Cyrille Frank

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Crédit photo : ecatoncheires via Flickr.com

La qualité des contenus ne suffira pas à sauver la presse

 

La qualité ne suffira pas à sauver la presse ©zarkodrincic vis Flickr.com

La qualité ne suffira pas à sauver la presse ©zarkodrincic vis Flickr.com

Du 5 au 7 novembre 2013 se sont tenues à Metz les 7e Assises du journalisme autour du thème « réinventons le journalisme ». Une formulation qui laisse entendre que les contenus proposés ne sont plus adaptés à la demande des lecteurs, ce qui n’est qu’un aspect du problème et sans doute pas le principal.

Pour Edwy Plenel, créateur de Médiapart et Patrick de Saint Exupéry, qui a lancé le magazine XXI, il ne s’agit pas tant de réinventer le journalisme que de revenir à ses sources. L’investigation, le reportage au long cours, la profondeur… Autant de gages de qualité selon eux, seuls susceptibles de convaincre des acheteurs.

Car c’est aussi l’un des messages forts d’Edwy Plenel depuis longtemps : le bon journalisme ne peut être gratuit, car il coûte cher à produire. Par ailleurs, rien n’est jamais gratuit et comme dirait l’autre : « si le produit est gratuit, c’est que le produit, c’est vous ». De fait, le modèle fremium en matière d’actualité sur le web s’est brisé sur la redondance de l’information, sur la concurrence de l’offre et la chute consécutive des tarifs publicitaires.

Les deux figures du journalisme à l’ancienne, forts de leurs résultats probants, invitent donc triomphalement l’ensemble de la presse à les imiter et à reprendre leurs méthodes : une presse citoyenne exigeante, sérieuse (et chère).

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Journalistes, réjouissons-nous, les machines nous piquent notre job !

Crédit photo ©Randychiu via Flickr

Crédit photo ©randuchiu via Flickr 

Les outils d’optimisation éditoriale se multiplient, les algorithmes de recommandation de contenus s’améliorent. Même l’écriture d’articles s’automatise… Il est temps de repenser le rôle des producteurs de contenus, face à cette sérieuse concurrence technologique.

La combinaison du cloud, de la mobilité et de la puissance de calcul bouleversent profondément les métiers de l’information. Les fameux algorithmes de traitement de l’information, de plus en plus performants sur le plan sémantique, sont désormais capables d’agréger des contenus de manière automatique, voire même, d’écrire tout seuls !

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