Nouveaux modèles de la presse : innovons, mais sachons aussi rester de “vieux cons” !

La presse doit aussi être un peu "vieux con" - Credit ©deepblue66 via Flickr.com

La presse doit aussi être un peu “vieux con” – Credit ©deepblue66 via Flickr.com

Lundi 10 décembre à Science Po, s’est tenue une conférence très riche sur les nouvelles pratiques du journalisme. On y a beaucoup parlé de modèles économiques et des tendances pour les années à venir. On a pu aussi entrevoir quelques risques derrière les opportunités.

La première tendance totalement incontournable est celle de la forte progression de la consommation média sur mobiles. En France près de 30% des Français possèdent un smartphone selon la dernière étude du Crédoc. Si l’on compte tous les appareils permettant de se connecter en mobilité (téléphone, tablette, clé 3G, carte PCMCIA), c’est 64% de la population (de plus de 12 ans) qui accède désormais à Internet en mobilité.

Julia Beizer du Washington Post, est venue nous confirmer l’importance des mobiles pour le secteur des médias. Car les internautes sur mobiles, les “mobinautes”, comme on les appelle, sont très férus d’actualité. 64 % des personnes équipées de tablettes et 62 % des mobinautes les utilisent pour consulter les news.

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Le journalisme “augmenté”, ce n’est pas les outils, c’est l’humain !

Le seul outil indispensable du journaliste ? Son cerveau

Le seul outil indispensable du journaliste ? Son cerveau – Crédit photo ©noodlepie via Flickr.com

5e anniversaire réjouissant des Observateurs de France24 dans l’univers morose du journalisme français touché par deux mauvaises nouvelles consécutives : la liquidation judiciaire de l’agence Sipa et l’annonce de la fin probable d’owni.fr. Un succès indéniable du site international qui consacre définitivement le journalisme “augmenté” de la communauté. Et un salutaire rappel sur l’origine première de notre création de valeur : la vérification de l’information.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore les Observateurs de France 24, il s’agit d’une plateforme contributive entre un site d’information, France24 aidé de RFI, et des correspondants amateurs à travers le monde. L’idée est de s’appuyer sur des milliers de témoins et enquêteurs locaux pour alerter les journalistes de ce qui se passe à l’échelle du monde. Et en particulier dans des zones difficiles d’accès aux journalistes, où ils ne sont clairement pas les bienvenus.

Dans 99% des cas explique Julien Pain, rédacteur en chef des Observateurs, les contributeurs envoient spontanément des infos sur le site de France24, sous forme de textes,  photos ou videos… En ce cas, ils ne sont pas payés, mais de toutes façons, leur motivation n’est pas vénale. Ils veulent surtout alerter le monde de ce qui se passe chez eux. C’est un cri de colère et souvent un appel à l’aide pour tâcher, tant bien que mal, de faire reculer les dictatures, ou de dénoncer des exactions. Et ils sont prêts à prendre de gros risques personnels pour cela.

A la différence de nous autres, blogueurs gâtés de la démocratie opulente, gavés d’ego, eux sont bien souvent condamnés à l’anonymat et ne sont motivés que par la transmission gratuite de l’information au plus grand nombre.

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Lex Google : la presse a-t-elle encore besoin de papa-Etat ?

Sous le péage, la plage ©emmanuelfrezzotti sur Flickr.com

Les syndicats de la presse quotidienne nationale et magazine (SPQN et SEPM) veulent taxer Google. Regroupés au sein de l’association Presse d’information politique et générale (IPG), ils promeuvent l’idée d’une redevance dont Google devrait s’acquitter pour pouvoir référencer leurs articles. 

Ces éditeurs de presse militent pour la mise en place d’un «droit voisin», en cas d’utilisation même indirecte de leurs travaux. Ils estiment que le moteur capte l’essentiel de la valeur qu’ils créent et souhaitent donc une plus grande part du gâteau.

ERRATUM : Le geste (groupement des éditeurs de services en ligne), bien qu’il soit favorable à un meilleur partage de la valeur, lui, ne s’associe pas à cette proposition de taxe.

Les éditeurs parlent bien de Google News ET Google. Le premier est l’agrégateur de news qui référence un certain nombre de sites d’actualité. Lorsque vous faites une recherche par mots clés, le moteur vous propose parmi les premiers résultats, des liens vers ces articles, provenant de cette rubrique spécifique Google News.

 

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