Pourquoi préférez-vous Twitter à Facebook ?

Liberté ©bu7amd via Flick'r

L’opposition entre les deux réseaux ne correspond pas à tous les usages. Nombreux sont ceux qui utilisent les deux outils, de manière différente et pour des publics distincts. Toutefois, parmi les gros utilisateurs de Twitter, la préférence a des motifs évidents et d’autres plus cachés.

Certains usagers des réseaux sociaux refusent de choisir entre Facebook et et Twitter. C’est le cas de @MinetCheri ou d’@adele_bchp qui compartimentent très sagement les deux outils. Cette dernière explique :

“Pour moi il n’est pas question de préférence mais d’usages différents. J’utilise Facebook pour mes relations personnelles avec des proches, et Twitter pour faire de la veille et avoir des contact avec des professionnels de mon secteur. Je ne suis anonyme ni sur l’un ni sur l’autre, mais Twitter représente la face “visible”, ou publique, de ma vie online, alors que mon profil Facebook n’est ouvert qu’à mes amis (et quasiment étanche à ma vie professionnelle).”

Pourtant parmi les accros à Twitter, la préférence semble très nette.

“ON SE RÉVÈLE BEAUCOUP PLUS SUR TWITTER”

C’est l’avis de @lisadol pour qui,

“Les rapports en 140 signes sont souvent plus profonds que des heures de blabla autour d’un café. Là on va à l’essentiel ! et je trouve qu’on se révèle beaucoup plus, même quand on est anonyme…”

Cela peut sembler paradoxal de prétendre se livrer davantage à des inconnus qu’à ses propres connaissances, mais c’est assez classique finalement. On n’a pas de comptes à rendre à ceux que l’on ne connaît pas. Pas de pression, pas de peur de casser le lien. Perdre un follower ? La belle affaire. Un de perdu, dix de retrouvés. Les aveux, c’est au bistrot qu’on les fait, pas en famille.

@Linoacity résume :

“Le débat n’est pas faussé car les gens étant sous pseudo, ils disent vraiment ce qu’il pensent. Il n’y a pas d’enjeu affectif qui biaise les discussions.”

C’est là que se trouve l’une des différences majeures entre Twitter et Facebook : la liberté beaucoup plus grande de l’oiseau bleu, à la fois force et faiblesse sur le plan social. Twitter permet de retrouver l’anonymat de la foule, de se perdre dans un lien faible avec autrui et de garder une liberté de ton.

Facebook à l’opposée, repose sur des liens forts qui nous lient, voire nous enferment, dans des relations sociales beaucoup plus rigides avec nos amis, notre famille, nos collègues. Mais c’est aussi là que l’on va trouver le réconfort, le soutien, l’affection de ses proches.

“Tes gentils amis sont toujours compatissants aux malheurs que tu exprimes en plus d’un feuillet !” explique @lisadol

TWITTER POUR LA LIBERTÉ, FACEBOOK POUR LA SÉCURITÉ

©visitfinland via Flick'r

Sécurité Facebook ©visitfinland via Flick'r

On retrouve ici les deux grands besoins de l’être humain, dont on se rend compte qu’ils sont souvent opposés. L’amour est inconditionnel, c’est une sécurité : quoi qu’il arrive, quoi que je fasse ou je dise, je serai aimé de mes parents. Sauf graves transgressions, mes propos seront acceptés par mes amis auprès je peux faire du 3e degré. Ils me connaissent, savent décoder l’intention positive derrière les mots. L’amour implique le pardon (non, le christianisme n’a pas le monopole de cette idée) et ce lien fort est une assurance affective pour la vie.

En même temps, l’amour est excluant, par le niveau même d’intensité requis. On ne saurait aimer tout le monde. Pas assez d’énergie, pas assez de temps à consacrer à tous. C’est bien pour cette raison que l’église exige de ses disciples qu’ils aillent régulièrement à la messe : il s’agit bien de couper au maximum les fidèles de ce qui peut les éloigner de Dieu. C’est aussi pour cela qu’on exige le célibat des prêtres, pour que toute leur énergie et leur esprit ne soit consacré qu’à l’être suprême. Les amoureux fusionnels en font d’ailleurs la cruelle expérience : à s’aimer trop, ils font le vide autour d’eux.

Mais cette proximité rassurante est aussi étouffante. C’est un dispositif de contrôle social qu’on retrouve dans les petits villages, si bien décrits par Claude Chabrol dans ses films grinçants. Critique de Facebook qu’exprime @aya_jrns, qui estime qu’

“il s’agit surtout d’un moyen d’espionner les autres”

Pour @chouing, par ailleurs, la politique de l’outil lui-même respecte davantage sa liberté.

“Pas de géolocalisation automatique des statuts. Pour le moment twitter semble plus respecter les notions élémentaires de vie privée” note-t-il.

Liberté aussi plus grande sur Twitter de choisir ses “amis”. On ne choisit pas sa famille, on choisit partiellement ses amis (sur une liste de camarades ou de collègues imposés). Sur Twitter, on choisit qui on veut, sur les critères qui nous chantent :

“Certaines de mes connaissances sur Facebook ont des opinions trop différentes des miennes pour que nous puissions vraiment en discuter. Sur Twitter, je suis les gens en fonction d’intérêts communs, nous sommes donc paradoxalement plus “en phase”! explique @MagBebronne

Nous passons donc notre temps à jongler entre besoin de liberté et désir de sécurité. Nous voulons les deux, et cette  d’ailleurs une source majeure de disputes au sein du couple : “je ne suis pas ta mère”, “ne me dis pas ce que je dois faire”, “tu m’étouffes”, “tu m’aimes?”…

COMBIEN TU M’AIMES TWITTER ?

Toutefois, la répartition des rôles n’est pas aussi claire que cela entre Twitter et Facebook. Sur Twitter, le besoin d’amour se fait sentir aussi dans la recherche d’attention permanente. C’est même l’un des principaux moteurs de l’activisme de ses membres.

Etre suivi, être retwitté, être mentionné, c’est autant de preuves qu’on est important. Cela nous rassure justement parce qu’il s’agit d’inconnus, qui ne sont pas obligés de le faire parce qu’ils sont historiquement liés à notre existence. Certes, la preuve d’amour est plus faible, mais elle est plus fréquente. Le quantitatif remplace le qualitatif de Facebook.

En cela Twitter est symptomatique de notre société libérale. Nous sommes dans la compétition permanente, dans la concurrence globale, économique et sociale. Il faut être dans la course et si possible devant. Et pour être sûr de l’être, il faut s’évaluer, se mesurer à autrui. Combien tu as de followers, quel est ton klout ? Un néologisme se répand d’ailleurs sur le sujet : le quantifiedself. Ou cette tendance à développer des outils qui permettent de s’évaluer, se jauger et mesurer son rang dans le grand marathon social.

TWITTER, ARME SOCIO-ECONOMIQUE

C’est précisément dans ce contexte de concurrence exacerbée que Twitter trouve l’un de ses atouts majeurs: permettre d’être informé avant les autres. Besoin professionnel pour les journalistes et communiquants, besoin social pour tous les autres.

@Louisa_A, explique son penchant pour Twitter :

“un réseau qui s’étend de jour en jour, des bons plans réguliers. L’info la plus fraîche est d’abord sur Twitter avant d’être diffusée ailleurs.”

@Lisadol confirme :

“ça donne aussi une satisfaction intellectuelle incroyable. tout savoir avant tout le monde /”

La satisfaction n’est pas qu’intellectuelle, elle est aussi sociale. Ça permet de faire le malin à la machine à café, mais plus globalement, c’est une source de pouvoir considérable, comme le savent bien les politiques. Savoir avant les autres permet de prendre l’initiative de la conversation, cela augmente sa valeur sociale par le service d’information que l’on est apte à rendre, pour peu que l’on soit doté des bonnes compétences de verbalisation.

Le format limité de Twitter se montre utile ici : écrire en 140 signes (et même 120 pour laisser la place aux RT), est un exercice qui en soi permet, de verbaliser l’information pour mieux la restituer par la suite.

“Mon cerveau travaille aussi sur la formulation” explique @lisadol

LA RÉSONANCE EST UNE NÉCESSITÉ

En entreprise, il ne suffit pas de faire, il faut aussi faire savoir. Ceci est valable à l’échelle de la société. Pour émerger de la masse des concurrents, toujours plus grande, vu l’augmentation du nombre de diplômés, les nouvelles technologies sont des armes redoutables.

Twitter joue ce rôle essentiel : diffuser sa propre marque, pour se faire connaître et augmenter sa valeur économique, cette fois sur le marché du travail. @Louisa_A confie :

“Mon inscription sur Twitter en mai 2010, intriguée par tout le bien que @Laimelecinema m’en disait, a été très bénéfique pour ma carrière. Nouveau boulot après des années de galère”

Pour @lisadol :

“Professionnellement aussi évidemment, je me rends bien compte que mon nom circule plus… mais je ne suis pas encore sûre que cela me servira un jour.”

©mommamia via Flick'r

©mommamia via Flick'r

BUTINAGE SOCIAL : ADAPTATION ECONOMIQUE ?

Au delà du réseautage et de l’intérêt professionnel plus ou moins direct, Twitter, par son ouverture est aussi un outil qui permet d’accéder à la diversité humaine. Même si cette diversité est relative : elle concerne une population assez homogène de CSP+, urbains, ultra-instruits…

Les conversations et discussions sont courtes et forcément limitées par le format, mais elles sont potentiellement nombreuses. Cela reste une extension de son champ social, même si cela se fait au détriment de l’intensité.

@Louisa_A : “Twitter permet justement d’ouvrir le champ des possibles, on ne se retrouve pas qu’entre amis, en famille, entre anciens du collège ou du lycée. On peut parler à tout le monde, de Denis Brogniart à un rédac chef d’un magazine connu en passant par un homme politique et ils nous répondent ! ”

@EdshelDee : “Sur Twitter j’apprécie la diversité et de l’éclectisme des discussions que j’ai pu avoir. C’est le “Café du Commerce” mondial ; on peut y parler du temps qu’il fait, de nos week-ends, de nos soirées, autant que des “ambivalences” de Martin Heidegger sous le IIIe Reich ou de la position russe sur la Syrie

La culture Twitter reflète une tendance de fond : la polyvalence au détriment de la spécialisation, le picorage d’informations au détriment de l’approfondissement. On connaît un peu des tas de gens, on en sait un peu sur plein de choses, on ne maîtrise rien vraiment, mais on n’est largué sur rien non plus.

Ceci est une adaptation à notre environnement économique de plus en plus mouvant. Pour survivre sur le plan professionnel, il faut être capable de nous adapter. La polyvalence informationnelle renforce notre adaptabilité professionnelle. Je soupçonne que, de la même façon, le butinage communicationnel favorise notre sociabilité en entreprise, donc notre efficacité économique.

UN BESOIN NARCISSIQUE, UN DÉFI CRÉATIF

Twitter est élitiste par nature, en raison de sa difficulté d’accès, son jargon, son austérité, son exigence d’assiduité. Ce club VIP flatte les égos de ceux qui y sont admis et influents. Nouvel outil de distinction bourdieusienne, toujours pas détrôné malgré les tentatives (Quora, Diaspora…)

Il permet aux jouteurs, poètes, experts du calembour d’exprimer leurs talents, pour se mettre en valeur et gagner des points sociaux, mais surtout pour se faire plaisir et satisfaire leur vanité. Le salon d’éloquence est devenu mondial, un bon tweet peut séduire un public immense, à la vitesse électrique.

La réaction de #Armstrong “Je suis hyper déchu”

— Jean Saurien (@schloren) Août 24, 2012

On va bientôt apprendre qu’il n’a pas marché sur la lune et qu’il n’a jamais joué de la trompette #Armstrong

— Malaparte (@vince75001) Août 24, 2012

Mais Twitter offre aussi aux créatifs de tout poil un espace d’expression et d’exploration ouvert, drôle, impertinent, non politiquement correct. La contrainte du format devenant un défi créatif fortement incitatif. Ce que résume @Vincnet_B ci dessous :

“Twitter propose une expérience linguistique permettant davantage de jouer avec la fonction poétique de la langue, l’articulation du nombre restreint de signes au signifiant a un petit côté jubilatoire, il faut bien le reconnaître”

Twitter, un lieu où s’expriment les blagues les plus potaches, cyniques, sarcastiques et de mauvais goût parfois et qui subit, comme dans la vraie vie, les assauts des gardiens de l’ordre et de la bienséance.

Tant que ces normalisateurs resteront minoritaires, Twitter restera le lieu d’expression des créatifs. Pas toujours drôles, mais représentatifs d’une distance salutaire contre le politiquement correct, le socialement acceptable, l’aseptisé. L’ennui, en somme.

Cyrille Frank aka cyceron sur Twitter ou sur Facebook

Intégralité de la petite enquête réalisée via Twitter du 17 au 25 août 2012. Merci à tous !

Crédits photo (par ordre d’apparition)  : bu7amd , visitfinland, mommamia via Flick’r

Pourquoi préférez-vous Twitter à Facebook ?

Liberté ©bu7amd via Flickr.com

L’opposition entre les deux réseaux ne correspond pas à tous les usages. Nombreux sont ceux qui utilisent les deux outils, de manière différente et pour des publics distincts. Toutefois, parmi les gros utilisateurs de Twitter, la préférence a des motifs évidents et d’autres plus cachés.

Certains usagers des réseaux sociaux refusent de choisir entre Facebook et et Twitter. C’est le cas de @MinetCheri ou d’@adele_bchp qui compartimentent très sagement les deux outils. Cette dernière explique :

“Pour moi il n’est pas question de préférence mais d’usages différents. J’utilise Facebook pour mes relations personnelles avec des proches, et Twitter pour faire de la veille et avoir des contact avec des professionnels de mon secteur. Je ne suis anonyme ni sur l’un ni sur l’autre, mais Twitter représente la face “visible”, ou publique, de ma vie online, alors que mon profil Facebook n’est ouvert qu’à mes amis (et quasiment étanche à ma vie professionnelle).”

Pourtant parmi les accros à Twitter, la préférence semble très nette.

“ON SE RÉVÈLE BEAUCOUP PLUS SUR TWITTER”

C’est l’avis de @lisadol pour qui,

“Les rapports en 140 signes sont souvent plus profonds que des heures de blabla autour d’un café. Là on va à l’essentiel ! et je trouve qu’on se révèle beaucoup plus, même quand on est anonyme…”

Cela peut sembler paradoxal de prétendre se livrer davantage à des inconnus qu’à ses propres connaissances, mais c’est assez classique finalement. On n’a pas de comptes à rendre à ceux que l’on ne connaît pas. Pas de pression, pas de peur de casser le lien. Perdre un follower ? La belle affaire. Un de perdu, dix de retrouvés. Les aveux, c’est au bistrot qu’on les fait, pas en famille.

@Linoacity résume :

“Le débat n’est pas faussé car les gens étant sous pseudo, ils disent vraiment ce qu’il pensent. Il n’y a pas d’enjeu affectif qui biaise les discussions.”

C’est là que se trouve l’une des différences majeures entre Twitter et Facebook : la liberté beaucoup plus grande de l’oiseau bleu, à la fois force et faiblesse sur le plan social. Twitter permet de retrouver l’anonymat de la foule, de se perdre dans un lien faible avec autrui et de garder une liberté de ton.

Facebook à l’opposée, repose sur des liens forts qui nous lient, voire nous enferment, dans des relations sociales beaucoup plus rigides avec nos amis, notre famille, nos collègues. Mais c’est aussi là que l’on va trouver le réconfort, le soutien, l’affection de ses proches.

“Tes gentils amis sont toujours compatissants aux malheurs que tu exprimes en plus d’un feuillet !” explique @lisadol

TWITTER POUR LA LIBERTÉ, FACEBOOK POUR LA SÉCURITÉ

©visitfinland via Flick'r

Sécurité Facebook ©visitfinland via Flick’r

On retrouve ici les deux grands besoins de l’être humain, dont on se rend compte qu’ils sont souvent opposés. L’amour est inconditionnel, c’est une sécurité : quoi qu’il arrive, quoi que je fasse ou je dise, je serai aimé de mes parents. Sauf graves transgressions, mes propos seront acceptés par mes amis auprès je peux faire du 3e degré. Ils me connaissent, savent décoder l’intention positive derrière les mots. L’amour implique le pardon (non, le christianisme n’a pas le monopole de cette idée) et ce lien fort est une assurance affective pour la vie.

En même temps, l’amour est excluant, par le niveau même d’intensité requis. On ne saurait aimer tout le monde. Pas assez d’énergie, pas assez de temps à consacrer à tous. C’est bien pour cette raison que l’église exige de ses disciples qu’ils aillent régulièrement à la messe : il s’agit bien de couper au maximum les fidèles de ce qui peut les éloigner de Dieu. C’est aussi pour cela qu’on exige le célibat des prêtres, pour que toute leur énergie et leur esprit ne soit consacré qu’à l’être suprême. Les amoureux fusionnels en font d’ailleurs la cruelle expérience : à s’aimer trop, ils font le vide autour d’eux.

Mais cette proximité rassurante est aussi étouffante. C’est un dispositif de contrôle social qu’on retrouve dans les petits villages, si bien décrits par Claude Chabrol dans ses films grinçants. Critique de Facebook qu’exprime @aya_jrns, qui estime qu’

“il s’agit surtout d’un moyen d’espionner les autres”

Pour @chouing, par ailleurs, la politique de l’outil lui-même respecte davantage sa liberté.

“Pas de géolocalisation automatique des statuts. Pour le moment twitter semble plus respecter les notions élémentaires de vie privée” note-t-il.

Liberté aussi plus grande sur Twitter de choisir ses “amis”. On ne choisit pas sa famille, on choisit partiellement ses amis (sur une liste de camarades ou de collègues imposés). Sur Twitter, on choisit qui on veut, sur les critères qui nous chantent :

“Certaines de mes connaissances sur Facebook ont des opinions trop différentes des miennes pour que nous puissions vraiment en discuter. Sur Twitter, je suis les gens en fonction d’intérêts communs, nous sommes donc paradoxalement plus “en phase”! explique @MagBebronne

Nous passons donc notre temps à jongler entre besoin de liberté et désir de sécurité. Nous voulons les deux, et cette  d’ailleurs une source majeure de disputes au sein du couple : “je ne suis pas ta mère”, “ne me dis pas ce que je dois faire”, “tu m’étouffes”, “tu m’aimes?”…

COMBIEN TU M’AIMES TWITTER ?

Toutefois, la répartition des rôles n’est pas aussi claire que cela entre Twitter et Facebook. Sur Twitter, le besoin d’amour se fait sentir aussi dans la recherche d’attention permanente. C’est même l’un des principaux moteurs de l’activisme de ses membres.

Etre suivi, être retwitté, être mentionné, c’est autant de preuves qu’on est important. Cela nous rassure justement parce qu’il s’agit d’inconnus, qui ne sont pas obligés de le faire parce qu’ils sont historiquement liés à notre existence. Certes, la preuve d’amour est plus faible, mais elle est plus fréquente. Le quantitatif remplace le qualitatif de Facebook.

En cela Twitter est symptomatique de notre société libérale. Nous sommes dans la compétition permanente, dans la concurrence globale, économique et sociale. Il faut être dans la course et si possible devant. Et pour être sûr de l’être, il faut s’évaluer, se mesurer à autrui. Combien tu as de followers, quel est ton klout ? Un néologisme se répand d’ailleurs sur le sujet : le quantifiedself. Ou cette tendance à développer des outils qui permettent de s’évaluer, se jauger et mesurer son rang dans le grand marathon social.

TWITTER, ARME SOCIO-ECONOMIQUE

C’est précisément dans ce contexte de concurrence exacerbée que Twitter trouve l’un de ses atouts majeurs: permettre d’être informé avant les autres. Besoin professionnel pour les journalistes et communiquants, besoin social pour tous les autres.

@Louisa_A, explique son penchant pour Twitter :

“un réseau qui s’étend de jour en jour, des bons plans réguliers. L’info la plus fraîche est d’abord sur Twitter avant d’être diffusée ailleurs.”

@Lisadol confirme :

“ça donne aussi une satisfaction intellectuelle incroyable. tout savoir avant tout le monde /”

La satisfaction n’est pas qu’intellectuelle, elle est aussi sociale. Ça permet de faire le malin à la machine à café, mais plus globalement, c’est une source de pouvoir considérable, comme le savent bien les politiques. Savoir avant les autres permet de prendre l’initiative de la conversation, cela augmente sa valeur sociale par le service d’information que l’on est apte à rendre, pour peu que l’on soit doté des bonnes compétences de verbalisation.

Le format limité de Twitter se montre utile ici : écrire en 140 signes (et même 120 pour laisser la place aux RT), est un exercice qui en soi permet, de verbaliser l’information pour mieux la restituer par la suite.

“Mon cerveau travaille aussi sur la formulation” explique @lisadol

LA RÉSONANCE EST UNE NÉCESSITÉ

En entreprise, il ne suffit pas de faire, il faut aussi faire savoir. Ceci est valable à l’échelle de la société. Pour émerger de la masse des concurrents, toujours plus grande, vu l’augmentation du nombre de diplômés, les nouvelles technologies sont des armes redoutables.

Twitter joue ce rôle essentiel : diffuser sa propre marque, pour se faire connaître et augmenter sa valeur économique, cette fois sur le marché du travail. @Louisa_A confie :

“Mon inscription sur Twitter en mai 2010, intriguée par tout le bien que @Laimelecinema m’en disait, a été très bénéfique pour ma carrière. Nouveau boulot après des années de galère”

Pour @lisadol :

“Professionnellement aussi évidemment, je me rends bien compte que mon nom circule plus… mais je ne suis pas encore sûre que cela me servira un jour.”

©mommamia via Flick'r

©mommamia via Flick’r

BUTINAGE SOCIAL : ADAPTATION ECONOMIQUE ?

Au delà du réseautage et de l’intérêt professionnel plus ou moins direct, Twitter, par son ouverture est aussi un outil qui permet d’accéder à la diversité humaine. Même si cette diversité est relative : elle concerne une population assez homogène de CSP+, urbains, ultra-instruits…

Les conversations et discussions sont courtes et forcément limitées par le format, mais elles sont potentiellement nombreuses. Cela reste une extension de son champ social, même si cela se fait au détriment de l’intensité.

@Louisa_A : “Twitter permet justement d’ouvrir le champ des possibles, on ne se retrouve pas qu’entre amis, en famille, entre anciens du collège ou du lycée. On peut parler à tout le monde, de Denis Brogniart à un rédac chef d’un magazine connu en passant par un homme politique et ils nous répondent ! ”

@EdshelDee : “Sur Twitter j’apprécie la diversité et de l’éclectisme des discussions que j’ai pu avoir. C’est le “Café du Commerce” mondial ; on peut y parler du temps qu’il fait, de nos week-ends, de nos soirées, autant que des “ambivalences” de Martin Heidegger sous le IIIe Reich ou de la position russe sur la Syrie

La culture Twitter reflète une tendance de fond : la polyvalence au détriment de la spécialisation, le picorage d’informations au détriment de l’approfondissement. On connaît un peu des tas de gens, on en sait un peu sur plein de choses, on ne maîtrise rien vraiment, mais on n’est largué sur rien non plus.

Ceci est une adaptation à notre environnement économique de plus en plus mouvant. Pour survivre sur le plan professionnel, il faut être capable de nous adapter. La polyvalence informationnelle renforce notre adaptabilité professionnelle. Je soupçonne que, de la même façon, le butinage communicationnel favorise notre sociabilité en entreprise, donc notre efficacité économique.

UN BESOIN NARCISSIQUE, UN DÉFI CRÉATIF

Twitter est élitiste par nature, en raison de sa difficulté d’accès, son jargon, son austérité, son exigence d’assiduité. Ce club VIP flatte les égos de ceux qui y sont admis et influents. Nouvel outil de distinction bourdieusienne, toujours pas détrôné malgré les tentatives (Quora, Diaspora…)

Il permet aux jouteurs, poètes, experts du calembour d’exprimer leurs talents, pour se mettre en valeur et gagner des points sociaux, mais surtout pour se faire plaisir et satisfaire leur vanité. Le salon d’éloquence est devenu mondial, un bon tweet peut séduire un public immense, à la vitesse électrique.

La réaction de #Armstrong “Je suis hyper déchu”

— Jean Saurien (@schloren) Août 24, 2012

On va bientôt apprendre qu’il n’a pas marché sur la lune et qu’il n’a jamais joué de la trompette #Armstrong

— Malaparte (@vince75001) Août 24, 2012

Mais Twitter offre aussi aux créatifs de tout poil un espace d’expression et d’exploration ouvert, drôle, impertinent, non politiquement correct. La contrainte du format devenant un défi créatif fortement incitatif. Ce que résume @Vincnet_B ci dessous :

“Twitter propose une expérience linguistique permettant davantage de jouer avec la fonction poétique de la langue, l’articulation du nombre restreint de signes au signifiant a un petit côté jubilatoire, il faut bien le reconnaître”

Twitter, un lieu où s’expriment les blagues les plus potaches, cyniques, sarcastiques et de mauvais goût parfois et qui subit, comme dans la vraie vie, les assauts des gardiens de l’ordre et de la bienséance.

Tant que ces normalisateurs resteront minoritaires, Twitter restera le lieu d’expression des créatifs. Pas toujours drôles, mais représentatifs d’une distance salutaire contre le politiquement correct, le socialement acceptable, l’aseptisé. L’ennui, en somme.

Cyrille Frank aka cyceron sur Twitter ou sur Facebook

Intégralité de la petite enquête réalisée via Twitter du 17 au 25 août 2012. Merci à tous !

Crédits photo (par ordre d’apparition)  : bu7amd , visitfinland, mommamia via Flick’r

Sondage : Comment utilisez-vous Twitter le matin ?

Dans votre usage quotidien de l’oiseau bleu comment procédez-vous ? Vous lisez d’abord votre time-line ou vous envoyez les liens de votre revue de presse ? Petit sondage…

Twitter ou les mirages de la personnalisation de l’information

rubik's cube

La simplicité du principe et son extrême modularité font de Twitter l’outil de communication le plus personnalisable et le réseau social le plus puissant qui soit. C’est précisément pour cela qu’il ne séduira jamais les masses.

Mise à jour 27 avril 2013. 

Trois ans après ce billet, les chiffres d’une nouvelle étude corroborent les anciens et semblent donner raison à ma prédiction selon laquelle Twitter ne sera jamais grand public.

———————————————————————————-

Une étude d’Exact Target parue le 9 août 2010 montre que les utilisateurs quotidiens de Twitter sont aussi les plus actifs sur Internet.

• 72% publient sur leur blog au moins une fois par mois
• 70% commentent sur d’autres blogs
• 61% écrivent au moins une note produit par mois
• 61% commentent sur des sites d’info
• 56% écrivent des articles pour des sites tiers
• 53% postent des videos
• 50% contribuent aux wikis

Ces hyper-actifs ont trois fois plus de chances de charger des photos, quatre fois plus de chances de tenir un blog, et trois fois plus de chances de partager des notes et des critiques que l’utilisateur d’internet moyen.

Or ces utilisateurs quotidiens sur une minorité, environ 15% si l’on en croît l’étude publiée par la société de conseil Sysomos début 2009. L’analyse qui portait sur l’activité de 11,5 millions de comptes Twitter sur les cinq premiers mois de l’année concluait que :

90% des messages sont produits par 10% des utilisateurs
93% ont moins de 100 abonnés
85% twittent moins de une fois par jour
50% n’a pas twitté dans les 7 jours

Donc, si Twitter a dépassé il y a déjà quelques mois les 100 millions d’inscrits, le site de micro-blogguing est préempté par une élite sociale, en majorité professionnelle. Cela vaut aussi pour les célébrités qui se servent de l’outil servent à la manière des médias, pour gérer leur popularité et leur capital-image.

TWITTER : LE LEGO DE L’EGO

Twitter est l’Ikea informationnel, le site à monter soi-même, le légo de l’égo. A la base, ce n’est qu’une coquille vide, un réceptacle de flux qu’il faut construire patiemment, abonnement après abonnement, jusqu’à ce que sa time-line soit pleine d’infos pertinentes par rapport à ses goûts et curiosités propres.

Cette ultra-personnalisation de l’outil en fait tout l’intérêt mais également toute la difficulté car le processus de paramétrage de son flux est long et laborieux. Et c’est là que le bât blesse.

La masse des gens n’a ni le temps ni l’envie de se fader un puzzle de 1000 pièces en revenant du boulot.

D’autant que si l’oiseau bleu semble simplissime dans son principe, il est particulièrement inaccessible dans ses usages pour l’internaute lambda. Interface alambiquée, langage ésotérique (RT, hashtags, @, DM, FF), étiquette précise, besoin d’applications tierces (racourcisseurs d’url, clients…).

LE MYTHE DE LA PERSONNALISATION DE L’INFO

Twitter témoigne du décalage entre le discours positiviste sur les technologies de l’info et la réalité des usages. On nous promettait grâce à Internet l’émergence des fameux contenus “à la carte”, des informations sur mesure qui s’adapteraient à la personnalité de chacun. Puisque les outils le permettaient, la tendance suivrait.

Même illusion lors du déploiement du plan “informatique pour tous” de 1985 par le Premier ministre de l’époque, Laurent Fabius. Souvenez-vous de ces dizaines de milliers d’ordinateurs restés dans leurs cartons ou mal utilisés, faute d’avoir pris le temps de former les enseignants.

Même utopie lors de l’émergence des blogs et du web 2.0, dont certains voyaient le signe d’une nouvelle démocratie participative numérique.

Même égarement qu’à l’époque des promesses de démocratisation culturelle via les formidables bibliothèques du savoir en ligne.

LES TECHNOLOGIES NE CORRIGENT PAS MAIS ACCENTUENT LES INEGALITES

Toutes ces prédictions optimistes, portées par des geeks et une élite sociale auto-centrée, se sont brisées sur le réalisme des différences socio-culturelles. Pour bénéficier culturellement des innovations technologiques, il faut en avoir envie et il faut en avoir les moyens économiques (l’argent pour s’équiper), sociaux (l’entourage pour se faire aider) et intellectuels (la formation et l’éducation pour comprendre).

S’agissant de l’envie, l’appétence pour les nouvelles technologies est très dépendante du milieu socio-culturel d’appartenance. Le goût pour la connaissance s’apprend, la curiosité s’éduque que ce soit en matière alimentaire, en art ou en culture.

Ceci est très bien résumé par Eric Guichard docteur en sciences de l’information à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) :

“Mais entre ces possibles et la réalité, il y a une marge, voire un fossé. Et c’est là que la notion de literacy, ce mélange de culture et d’alphabétisme, prend son sens. L’activité intellectuelle s’acquiert souvent par apprentissage. Il faut environ 20 ans pour maîtriser l’ensemble des instruments et méthodes liés à l’exercice d’une pensée rationnelle. On voit mal comment la diffusion d’objets matériels permettrait de raccourcir ce délai d’apprentissage, si ces objets sont – comme il semblent l’être – plus des objets de consommation pure que des outils qui prolongent effectivement les processus d’écriture : on imagine difficilement savoir chercher un livre dans une bibliothèque si on ne sait pas lire, ou devenir mathématicien du simple fait qu’on s’est fait offrir une télévision numérique.

Lire l’article entier ainsi que sa thèse

FACEBOOK : L’ANTI-PERSONNALISATION

clés en mainCrédit photo  Jeff Rinehart via Flick’r

Le succès croissant de Facebook auprès du grand public témoigne du succès de la logique inverse : la fourniture d’un service “clé en mains”. C’est la logique du “”push qui prédomine. On reçoit des informations et sollicitations diverses plus qu’on ne va les chercher.

Ceci est cohérent avec l’usage récréatif de Facebook. Il s’agit de s’amuser entre amis et non de “se prendre la tête” avec un outil qu’il faut construire soi-même.

Cette anti-personnalisation est également en adéquation avec la fonction première de Facebook : renforcer la socialisation de ses membres. Pour se faire, l’outil valorise les comportements et opinions communes et pas celles qui se distinguent. D’où notamment l’apparition du bouton “j’aime” qui va dans le sens de cette cohésion pour ne pas dire uniformité sociale. En ce sens Facebook favorise davantage le collectif que l’individu, et pour caricaturer, serait davantage de gauche quand Twitter serait à droite (libérale).

TWITTER NE PERCERA JAMAIS AUPRES DU GRAND PUBLIC

Voilà pourquoi l’oiseau bleu est condamné à rester dans la sphère du BtoB ou à toucher une cible retreinte ultra-éduquée. Sauf à changer tellement son principe qu’il y perdrait son âme. Comme par exemple intégrer des éléments multimédia ou ne plus limiter le nombre de caractères.

Je rejoins sur ce point Cédric Deniaud qui nous explique sur son blog les cinq raisons pour lesquelles Twitter ne deviendra jamais grand public.

En revanche le principe du fil d’actu personnel  a déjà fait des émules puisqu’on le retrouve maintenant sur Facebook, LinkedIn entre autres réseaux sociaux.

Mais la personnalisation poussée dans Twitter ou dans les agrégateurs de flux RSS les condamnent irrémédiablement à une certaine confidentialité d’usage. Du moins tant que les écarts socio-culturels n’auront pas été un tant soit peu limités en amont, par l’école, notamment.

Cyrille Frank

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Feelings, fun, fond : Les trois « F » de steve Jobs

Qui n’ a vu une présentation de Steve Jobs rate quelque chose… Cet indiscutable visionnaire et businessman, a aussi un grand talent : vendre ses idées. Il y parvient car il fournit un joli emballage. Divertissement (fun), émotions (feelings) au service du propos (fond).

La vidéo ci-dessus- beaucoup trop longue pour les gens “normaux” qui ont un métier, eux- mérite d’être regardée et disséquée, car elle résume bien les bonnes pratiques éditoriales.

A l’heure où les spécialistes de la communication glosent à n’en plus finir sur le story-telling, Steve Jobs nous montre à travers un simple discours comment cela fonctionne, simplement. Le discours du patron d’Apple aux frais diplômés de Stanford, moment généralement pénible, est un exemple du genre.

1/ DU CONCRET, DE LA SIMPLICITE

C’est la force de la narration, elle s’appuie sur des faits, pas sur des concepts. Un exemple vaut mieux bien des explications pour nos esprits étroits. Ce qu’a très bien compris Steve Jobs, c’est qu’il faut mettre l’exemple avant. Cela permet de captiver l’attention du public jusqu’au dénouement final : le conseil, la leçon ou simplement l’épilogue, si l’on est dans de la fiction pure.

2/ DE L’EMOTION COCO

Steve s’appuie très fortement sur l’émotion pour capter l’attention de son auditoire. Il raconte des faits personnels, gages de sincérité et facteurs d’identification. Lorsque l’on parle de soi, il y a fort à parier que l’on touche les autres, car on est tous faits de la même eau (d’autres diraient que l’on est tous plus ou moins déterminés socialement par les mêmes causes). C’est principalement ce qui explique le succès des grandes missions de déballage de soi, de Mireille Dumas à Jean-Luc Delarue…

3/ DU DIVERTISSEMENT, DU FUN, DU PLAISIR

Laurence, commentant mon dernier billet, me reprochait d’avoir pris un très mauvais exemple avec Apple pour évoquer la capacité de la marque à simplifier :”La comparaison avec le packaging mac est particulièrement raté : L’apparente simplicité du design est le produit d’un raisonnement très pointu”.

Mon propos était de dire combien les interface simples conçues par Apple (indépendamment du travail incroyable qu’ils ont nécessité) ont permis de servir le fond : des usages en l’occurrence. Le discours ci-dessus, illustre mieux que tous les discours, cette même philosophie. Il est rempli de petites blagues et de clins d’oeil (connotations porteuses de complicité) qui rendent le fond digeste et agréable à suivre. C’est ce que j’appelle l’emballage, c’est l’effort de vulgarisation ou de pédagogie sur le ton qui ne réduit en rien la qualité du discours.

Ainsi Jobs qui commence son discours par un peu d’auto-dérision réussit à désamorcer d’emblée le caractère roboratif de l’exercice. “je ne suis pas diplômé  et je n’ai jamais été aussi prêt du diplôme de l’enseignement supérieur”.

Idem lorsqu’il se égratigne Microsoft sur le fait que l’interface typographique soignée du Mac a pu aussi se généraliser dans le monde PC, car elle a été copiée par Microsoft. Autant de petites relances sympathiques du discours qui ajoutent du fun, du plaisir en français.
4/ DU FOND

Mais ce discours est surtout réussi parce qu‘il sert un propos, parce qu’il dit des choses qui sonnent justes et qui sont illustrées par des exemples forts, à commencer par la vie, le parcours de son émissaire.

Jobs ne dispense rien que des conseils classiques, pour ne pas dire un peu gnan-gnan : “croyez en vous, écoutez votre passion, allez à l’essentiel, ne renoncez pas, n’ayez pas peur… (non il n’est pas subventionné par Jean-Paul II)

L’alchimie entre la forme et le fond lui donne cependant toute sa valeur : on écoute, on s’amuse, on est ému, on est convaincu.

C’est la leçon que je retiendrai de ce discours – n’étant pas diplômé de Stanbford – et qui illustre la philosophe de la pomme à l’ oeuvre dans la plupart de ses produits.

Cyrille Frank aka Cyceron

PS : merci @JulienJacob et @freddymini pour le lien du discours 🙂

TV-Internet-mobiles, la fusion se pointe enfin…


Depuis le temps qu’on nous le promet… la fusion des supports est en train de se profiler via Google, une fois de plus. L’oligopole de la recherche sur Internet propose un nouveau service d’accès aux contenus web sur le téléviseur. Le télé-web-spectateur pourra consulter ses programmes et le contenu de son ordinateur, soit via un boîtier spécifique, soit directement sur certains écrans, tels ceux de Sony.

Google bénéficie d’un système d’exploitation unique et ouvert (Androïd), de son moteur de recherche omnipotent, de sa puissance publicitaire, de son immense base d’e-mails, d’une masse prodigieuse de quantité de contenus vidéos grâce à sa filiale Youtube… Autant d’aouts considérables pour faire décoller son service.

Google TV, la télévision 2.0 en détails
L’arrivée à maturité des smartphones grand public

Google TV, la fusion du web et de la télé

  • Le système ouvert peut permettre d’acquérir rapidement une base d’applications et services dont on connaît le rôle crucial pour convaincre l’utilisateur (d’où la communication massive d’Apple sur les X milliers d’applications de l’iphone).
  • La position dominante du moteur sur le marché publicitaire internet lui permet de vendre son nouveau service aux annonceurs d’autant mieux que la fameuse promesse du 360 ° leur plaît tant. Vous savez cette omniprésence média qui permet de diffuser une campagne partout où se trouve le prospect.
  • La recherche efficace par mot clé promet de d’accéder rapidement à une masse de contenus inédite, là où la navigation par onglets se révèle fastidieuse et décourageante.Reste à convaincre un nombre croissant de fabricants d’écrans d’intégrer son émulateur web via Android pour s’assurer le succès, tout comme Microsoft en son temps. Reste aussi à proposer des services et des contenus adaptés à ce support hybride, notamment en terme de navigation. Enfin la télécommande pourrait disparaître à terme au profit des fameuses interfaces naturelles.

Les constructeurs (Sony, Samsung, LG, Panasonic…) y travaillent déjà.

Les étapes suivantes devraient assez rapidement nous mener à ces programmes vidéos ou photos, enrichis d’infos contextuelles, comme dans Blade Runner. En mieux… 😉

Cyrille Frank aka Cyceron

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